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  • Agathe Stempflin : entre passion et patients

    Qu'ils soient grands, qu'ils soient petits, qu'ils aient une centaine ou seulement quelques poulinières, qu'ils soient confidentiels ou professionnels, c'est toujours avec convictions qu'ils exercent leur passion... En ce début d'année, Dressprod initie une nouvelle série, dédiée à ces éleveurs qui ne comptent pas leurs heures. Portrait. 5h30. Un café rapidement avalé, il est temps de se mettre en route et de quitter le Kochersberg : oui, nous sommes aujourd'hui en Alsace, à quelques encablures seulement de la capitale européenne. Au loin, les Vosges, dont les cimes sapinées encore peu enneigées nous accompagneront pendant un bon bout de chemin. Obernai, le rougeoyant Haut-Kœnigsbourg, Colmar, Mulhouse : à flanc de collines, les vignes nues, bientôt sources des prochaines cuvées de douceurs locales, s'illuminent doucement des premières lueurs du matin. A deux pas de la frontière suisse, Folgensbourg nous attend ; à peine 1000 âmes qui dominent Bâle. Sa mairie, son école, son église Saint Gall et ses quelques maisons colorées : le tour du village est vite expédié, il n'y a de toutes manières pas de tourisme programmé. Rapidement traversé, nous quittons la route principale, tournons chemin de « Erbacker » – « boulanger » pour les proches voisins allemands -, pour rejoindre et découvrir le Haras du Steinberg, petit élevage de Oldenbourg sans prétention mais pas dénué d'ambition. Malgré la fraîcheur et l'heure encore très matinale, la maîtresse des lieux, Agathe Stempflin, est depuis longtemps à la tâche. C'est déjà auprès de ses chevaux que nous la retrouvons, affairée à nettoyer ses boxes et son écurie à la propreté pourtant déjà irréprochable. L'influence germanique est bien là, empreinte de ce petit sens du détail. A 38 ans, la dynamique haut rhinoise, jongle entre deux carrières : celle d'infirmière anesthésiste, et celle d'éleveuse ; une seconde activité menée avec Fabien, son conjoint. Inutile de dire qu'ici aussi les deux dernières années ont mis à rude épreuve les corps comme les esprits ; un surmenage systémique que seuls les vrais passionnés peuvent assumer et supporter, quitte à renoncer aux week-ends, jours fériés, congés et autres petits moments de légèreté. Avec seulement 4 poulinières, le Haras du Steinberg – en référence aux mégalithes locales du même nom -, a fait le choix de l'élevage familial ; une orientation assumée vers la qualité et non la quantité. Au cœur des 10 boxes, c'est d'abord G-Cilla HDS qui nous tend son petit bout de nez. Un brin arabisée, la petite baie découverte et acquise non loin d'Utrecht aux Pays-Bas est pourtant une KWPN, fille de Glock's Romanov et Ferro, dont la tante, Die Callas, gagnait en CDI et concourrait jusqu'en Coupes des Nations avec l'anglaise Anna Ross Davis après une brève carrière sous la selle de Nars Gottmer puis Andreas Helgstrand. Si elle est d'emblée moins flatteuse, sa voisine de boxe n'a pas à rougir de ses origines : fille de Totilas et Blue Hors Romancier, Ticara HDS vient elle de la souche maternelle de U-Caro, présenté jusqu'en Grand Prix Coupe du Monde ; et Impression, le prometteur fils de Blue Hors Don Schufro associé à Diederik van Silfhout et co-propriété de Joop van Uytert. Nous accueille ensuite Ruling Foxy HDS : une fille de Rohdiamant et Welt Hit II née chez Harli Seifert. Pour l'alezane de 13 ans aussi, la lignée est éprouvée puisqu'on retrouve en effet dans le pedigree de l'Oldenbourg, Bones monté sur le Petit Tour en CDI par Dominique d'Hoore van der Horst, St Emilion, une des révélations de l'approbation Oldenbourg 2021 ou encore Gio Granno, le crack que montait Franck Sloothaak jusqu'en CSI5*. Dernière à tendre l'encolure, Harmonie HDS : primée en Allemagne, couronnée jument Élite pour la qualité de sa progéniture, la jolie noire par Blue Hors Hotline et Davignon II n'est autre que la mère de Maserati HDS, produit de la structure alsacienne le plus connu à ce jour en raison de son approbation au Oldenbourg en 2019. La reine de l'écurie, Donnerdiora HDS, elle, n'est pas là et peaufine toujours sa préparation pour le Grand Prix après son titre de Championne de France Pro 2 en 2019 : c'est pourtant par la fille de Krack C et Donnerschlag, découverte en Autriche, que l'élevage était censé débuter il y a voilà quelques années. La reproduction attendra finalement, le temps d'une carrière sportive, même si l'idée d'un recours à un transfert d'embryon fait doucement son chemin. Le rapide tour des boxes terminé et les présentations effectuées, l'éleveuse, toujours à l’affût du petit brin de paille échappé de ses boxes pourtant parfaitement bordés, nous emmène, au détour de son manège et de sa maxime « Carpe Diem », dans ses quelques hectares de prés où grandissent certains de ses protégés. A quelques semaines des premières naissances, la jeune femme profite encore d'un calme relatif avant la venue au monde de seulement deux poulains cette année : des croisements, déjà réservés, par Valderde et Totilas & Dynamic Dream et Rohdiamant marqués par l'expérience, le conseil et l'amitié d'Harli Seifert. Il faut dire que les deux femmes ont, jusqu'au cœur de l'intime, des points communs, quitte à en créer presque une certaine filiation ... Si de ce côté de la frontière, l'allemande de 80 ans passés n'est identifiée que des plus expérimentés, elle s'est depuis longtemps forgée une solide réputation pour avoir élevé les étalons Rubin Royal, Glock's Romanov, Blue Hors Rockefeller, Color Rubin, Rumicello, Rubino Vincento, Rubin Action et en France : Don Amour de Hus, l'ex-cheval de Grand Prix d'Alizée Roussel ou, entre autres, Couletto, finaliste de la Coupe du Monde de Leipzig en 2011 avec Simon Delestre. A deux battements d'ailes (de cigogne) du Rhin, le Haras du Steinberg ne verra jamais moult chevaux galoper dans ses prés. C'est donc en Allemagne qu'Agathe Stempflin se rend régulièrement pour suivre la croissance de quelques uns de ses autres poulains ; un voyage qui la conduit naturellement au Haras de Lodbergen. Créée en 2008 autour de l'héritage de l'élevage d'Harli Seifert, la structure s'est depuis faite un nom à haut niveau grâce aux résultats de son étalon de tête, Dante Weltino, double médaillé de bronze par équipe aux Championnats d'Europe de Göteborg et Rotterdam, et membre de l'équipe suédoise des derniers Jeux Olympiques avec Therese Nilshagen. Quasi conscrites, les deux femmes ont, au gré de longues discussions passionnés, appris à s'apprécier ; des échanges qui continuent de forger l'expertise et le coup d’œil de l'éleveuse et qui influent parfois ses choix avec, par exemple, la naissance l'année dernière de La Vie en Rose HDS. Le tour des prés achevé, les quelques centaines de mètres à remonter permettent d'observer l'architecture des lieux, ses espaces paysagers, aussi modernes que parfaitement intégrés à ses collines vallonnées. Et, avec la vivacité des exaltés, comme si ses journées pouvaient être davantage prolongées, l'éleveuse évoque ses nouveaux projets : avec une jument de 4 ans acquise lorsqu'elle était foal, Ruby Top Secret par Secret et Blue Hors Don Schufro, dont les frères et sœurs Ruling Cortes, Ripasso et Famosa évoluaient jusqu'aux Championnats d'Europe Jeunes Cavaliers et sur Grand Prix en CDI, ou encore l'accueil d'une nouvelle présentation de poulains au studbook Oldenbourg avec l'attribution de primes fin août prochain. La conversation pourrait continuer … Il est cependant temps pour elle de s'en aller, rejoindre son autre métier : une double vie effrénée, triple si on considère celle de pompier (!), qui force le respect, sans place pour l'oisiveté, autorisée par une gestion à la hauteur, et une ferveur tout sauf amateur. crédits photos : DR

  • Botticelli à la retraite

    A l'occasion de l'étape Coupe du Monde de Malines, la belge Charlotte Defalque foulait une dernière la piste d'une compétition avec son fidèle Botticelli. Né chez A.J. Van Straalen, ce fils de Vivaldi et Koss était découvert par la jeune femme chez sa compatriote Dominique Mohimont : l'alezan avait alors 6 ans et la jeune femme 16. Ces treize dernières années, ils portaient les couleurs belges, des Juniors au Grand Prix, accompagnés du soutien technique de Carmen De Bondt de Jeroen Devroe. Membres de leur équipe nationale pour les Championnats d'Europe Juniors de Compiègne en 2013, les Européens Jeunes Cavaliers de Vidauban et Oliva en 2015 et 2016, en U25 à Exloo en 2018, ils poursuivaient leur bout de chemin chez les Seniors avec 3 nouvelles sélections pour les Championnats d'Europe de Riesenbeck et Crozet en 2023 et 2025 mais aussi lors des Championnats du Monde de Herning en 2022. Pour les Jeux Olympiques de Paris, ils endossaient le rôle de réservistes. Parmi leurs performances notables, on peut souligner leur victoire en 2023 sur le Grand Prix Spécial du 5* de Doha. Depuis quelques mois, la cavalière de tout juste 30 ans peut compter sur First Step Valentin, le second cheval de Grand Prix de Larissa Pauluis (voir ICI ) : elle le présentait pour la première fois à Geel début novembre où ils étaient seconds à 68.750%, puis à Dentergem où ils étaient encore 2 èmes à 67.663% et à nouveau à Geel il y a deux semaines avec cette fois une 3 ème place à 68.696 %. crédit photo : FEI/Leanjo de Koster

  • Malines achève l'installation du dressage belge au sommet

    Clap de fin pour cette saison qui se termine comme elle avait commencé : en rouge et noir (comme dirait Jeanne Mas ^^) et jaune. Si l'année fut évidemment marquée par l'ascension, aussi justifiée que fulgurante, de Justin Verboomen & Zonik Plus, c'est le dressage belge dans son ensemble qui a donné, à tous, une jolie leçon en 2025. Malgré son étiquette de "petite" nation et un élevage moins développé pour le dressage que ses redoutables voisins allemands et néerlandais, la Belgique a trouvé son chemin pour atteindre les sommets, sans monture acquis à grand renfort de millions, en faisant davantage preuve d'humilité (voir ICI ) et de solidarité et de projet (voir ICI ). Doté d'une énergie inaltérable, Flambeau permettait à nouveau à sa cavalière de se voir acclamée par le public belge et de remporter donc la première étape Coupe du Monde de sa carrière ; une année 2025 qu'elle n'est donc pas prête d'oublier ! Si le fils d'Ampère avançait légèrement dans un piaffer et qu'il ne restait pas tout à fait au contrôle de Larissa Pauluis dans les pirouettes au galop à droite, le hongre ne commettait aucune grosse faute aujourd'hui, porté par la musique de U2. Récompensés d'un 82.975 % : il s'agit de leur record personnel. Ce n'est pas une reprise que Justin Verboomen a présenté aujourd'hui. C'est une démonstration, une incroyable leçon d'harmonie et de légèreté. Inexpérimenté de ce genre d'ambiance surchauffée, Djembe de Hus montrait un travail piaffer/passage particulièrement élégant. Totalement dévoué à son cavalier, l'alezan obtenait les meilleures notes techniques de la journée et une moyenne finale de 82.450%. Le Portugal complétait à nouveau le podium de cette reprise libre : João Pedro Moreira & Drosa Fuerst Kennedy Old proposaient à nouveau une reprise sérieuse évaluée d'un 79.280 %. Camille Judet Chéret & Herelja Higgins sont 4 èmes à 76.625%, dans la veine de leurs meilleures prestations : bon élève, le KWPN perdait très très légèrement l'activité dans un piaffer, montrait des pirouettes au galop qui auraient pu être un peu plus montantes et accrochait un changement de pied au temps. Résultats complets ICI crédit photo : Hippo Foto Media – Sharon Vandeput

  • Larissa Pauluis remporte à Malines le premier Grand Prix Coupe du Monde de sa carrière

    De très très bon matin, suffisamment pour que les tribunes sont quasi vides en début d'épreuve, les dresseurs investissaient aujourd'hui le Memorial Eric Wauters pour s'affronter sur un Grand Prix auquel aucun des chevaux de l'actuel Top 10 au classement mondial ne participait. Ce sont la belge Larissa Pauluis et son Flambeau et la néerlandaise Marieke van der Putten et sa Zantana RS2 Old NOP (ça commence à faire beaucoup de suffixes non ?!) qui avaient sur le papier le statut de favoris ... Chez les français, Camille Judet Chéret & Herelja Higgins concluent eux aussi leur année en Belgique, comme en 2024. Pour la 4 ème année consécutive, Larissa Pauluis achève sa saison à Malines. Le KWPN par Ampere offrait ce matin à sa cavalière sa première victoire en Coupe du Monde. Si quelques très petites instabilités de l'attitude pouvaient parfois être aperçues, que le hongre se montrait un peu haut et court au passage après la pas rassemblé, qu'un de ses changements de pied au temps était peut-être un peu court derrière et que sa seconde pirouette ne s'avérait pas tout à fait suffisamment contrôlée, Flambeau égalait le score qu'il obtenait à Lyon en 2024 : 73.913%. Larissa Pauluis offre donc au public belge le plaisir d'entendre la brabançonne ! Que ce soit avec Zonik Plus ou avec Djembe de Hus, Justin Verboomen est bien une des stars de cette édition 2025. En selle sur le fils de Damon Hill, inexpérimenté de l'ambiance des indoors de cette envergure, formé par Jessica Michel Botton dont il poursuit le travail depuis le printemps, le belge montrait à nouveau ses qualités de dresseur et de présentateur. Si l'alezan perdait une fraction de seconde le galop dans son doubler d'entrée, qu'il ne prenait guère de risque dans ses trots allongés, se mouchait au pas allongé et que ses premières foulées de pirouettes étaient peut-être un peu grandes, Djembe de Hus exposait tout au long de sa prestation de ce matin une jolie qualité de contact doublée d'une attitude tout à fait plaisante. Elastique dans les appuyers, cadencé, actif et expressif aux piaffers/passage, en particulier sur la ligne finale, le Oldenbourg quittait la piste avec un 73.065% et même 75.761% pour la danoise Susanne Baarup ; un score dans la veine du 73.782% qui le menait à la victoire à Troisdorf. Présente à Stuttgart et Londres avec son étalon Kuvasz, Marieke van der Putten aligne cette semaine Zantana sur la première étape Coupe du Monde de sa carrière ; une monture de 11 ans qui lui permettait de participer aux Championnats d'Europe de Crozet et de remporter le 3* de Kronenberg il y a un mois. La Oldenbourg par Zonik et Sir Donnerhall est assurément une jument de grande qualité mais qui reste encore parfois tendue en piste. Malgré des appuyers au trot très amples et élastiques, des trots allongés expressifs et un abaissement des hanches prononcé au piaffer, la baie brune manquait parfois de relâchement général. Les hollandaises étaient évaluées d'un 72.130 % et se "contentaient" d'une 4 ème place derrière le portugais João Pedro Moreira et son Drosa Fuerst Kennedy à 72.544 %. Camille Judet Chéret & Herelja Higgins sont 5 èmes et ont de quoi être satisfaits. Le hongre de 13 ans a semble-t-il totalement oublié son expérience un peu difficile du 5* de Salzburg. Parfaitement serein sur cette piste tout aussi regardante qu'en Autriche, le hongre par Johnson montrait un excellent travail piaffer/passage, un pas allongé relâché, et une reprise homogène, facile, sans faute avec un contact léger et moins discuté que parfois. Récompensés d'un 71.152 %, le couple de Pamfou Dressage achève son année 2025 à un cheveu des 71.196% et 71.283% qu'il glanait en 2023 à Aix la Chapelle et Geesteren. Résultats complets ICI crédit photo : FEI/Leanjo de Koster

  • Un couple belge déclare forfait pour l'étape Coupe du Monde de Malines

    A quelques heures du Grand Prix de l'étape Coupe du Monde de Malines, le dressage belge voit finalement un de ses représentants renoncer à prendre le départ : Domien Michiels & Intermezzo van het Meerdaalhof. Le cavalier de 42 ans annonçait en effet ce matin qu'il ne trouvait pas son hongre par Gribaldi de 17 ans au meilleur de sa forme lors de leur dernière séance d'entrainement. Membres de l'équipe belge à l'occasion des Championnats d'Europe de Hagen, Riesenbeck et Crozet, des Championnats du du Monde de Herning et des JO de Paris, Domien Michiels & Intermezzo van het Meerdaalhof remportaient en 2024 l'étape Coupe du Monde de Göteborg. Ils prenaient début novembre, date de leur dernière sortie, la 9 ème place de l'étape de Lyon. Les belges pourront tout de même s'appuyer sur d'autres couples solides : Larissa Pauluis & Flambeau, Justin Verboomen & Djembe de Hus, Wim Verwimp & Jedai de Massa et Charlotte Defalque & Botticelli. Début de Grand Prix demain matin à 8h. crédit photo : FEI/Kim C. Ludin

  • Dominique d'Esmé : j'ai parfois le sentiment qu'on a perdu le principe de prendre son temps

    Rappeler une énième fois son palmarès serait pour le moins redondant, tant, à désormais 80 printemps, Dominique d'Esmé continue d'incarner le dressage français. Sur les hauteurs de Pont-l'Evêque, presque cachée au cœur de "son" Mont Saint Léger, Dominique d'Esmé se fait certes un peu plus discrète autour des carrés mais n'en garde pas moins le regard et le verbe affûtés. Entre stages, leçons et travail de ses chevaux ...ne lui demandez pas si elle monte toujours à cheval. Évidemment !  Difficile de savoir où regarder. Partout où le regard se pose, les souvenirs de sa carrière sportive appellent une question, une anecdote. Les ombres du feu qui crépite dans la cheminée dansent sur les photos et les trophées ; elles détourneraient presque l'attention de Bernadette qui passe devant la fenêtre du salon et continue, depuis bientôt 50 ans (!) de s'affairer auprès des chevaux avec autant de passion et dévotion. " Tu parles d'un changement de dizaine ! " introduit la normande avec une pointe d'espièglement et le tempérament qu'on lui connait. Du caractère, Dominique n'en manque décidément pas, pas moins que son mari Christian d'ailleurs ; un couple, et ceux qui les ont suffisamment approchés peuvent en témoigner, à la douceur attachante. Reims, Sans Atout, Fresh Wind, Thor, Arnoldo, Ultimate, Be Happy, Prince Balou, Wineur, Roi de Cœur et quelques autres ... ils sont tous là, presque immortels, les 28 chevaux de Grand Prix qui lui ont permis de parcourir la planète lors de 5 Jeux Olympiques à Montréal, Los Angeles, Séoul, Barcelone et Atlanta, ou encore Kiev, mais aussi Stockholm où elle remportait une étape de la Coupe du Monde. Avec le CV qu'on lui connait, il en faut donc un peu pour l'impressionner ... mais il n'y a pas besoin de l'amener sur le sujet pour la voir, comme bon nombre, s'enthousiasmer sur un certain couple belge ... " voir Justin Verboomen et Zonik Plus travailler est assez extraordinaire car ce cheval, encore très jeune, fait tout, sans contrainte. Ils sont toujours d'une grande légèreté et donnent le sentiment d'avoir une entente extraordinaire. Sur les 10 dernières années, c'est certainement ce que j'ai le plus apprécié regarder. Par le passé, un autre cheval de grande qualité me vient à l'esprit, Granat, monté par la suissesse Christine Stückelberger dans les années 80, un cheval difficile, mais qui fait partie des grands chevaux que j'ai apprécié ".  Avec 40 ans de carrière au compteur de 1972 à 2012, Dominique a donc vu le dressage évoluer "  je ne dirai cependant pas que c'est pire ou mieux qu'auparavant car je ne veux pas tomber dans la facilité du « de mon temps c'était mieux que maintenant ». Néanmoins, aujourd'hui comme hier, je regrette encore que, parfois, les cavaliers ne réfléchissent pas suffisamment à ce que sont leurs chevaux : un de mes principes de base à toujours été, lorsqu'on demande quelque chose à un cheval et qu'il ne le réalise pas, de se demander pourquoi. Est-ce que je l'ai mal demandé ? Est-ce qu'il l'a mal compris ? Ou en est-il juste incapable physiquement ? Si on ne se pose pas ces questions en permanence, l’écueil peut être de tomber dans la facilité de la brutalité. Peut aussi que les chevaux sont aujourd'hui plus doués et nés pour cette discipline et qu'ainsi la question de leur capacité ou a exécuté tel ou tel exercice n'est parfois même plus envisagée. Quoi qu'il en soit, la brutalité fondée sur la recherche de la rapidité, ne fonctionne de toutes manières pas vraiment : quand bien même quelques résultats soient obtenus, ils ne durent jamais puisque les chevaux de sont plus avec mais contre leur cavalier. J'ai parfois récupéré des chevaux fous de rétivité, simplement parce qu'on leur avait demandé des choses qu'ils ne pouvaient pas faire à ce moment là. Quoi qu'il en soit, j'ai parfois le sentiment qu'on a perdu le principe de prendre son temps, de demander peu ; un constat qui n'est probablement pas seulement propre au dressage mais à à la société dans son ensemble " explique et concède-t-elle tout en poursuivant " moi, j'ai quasi tout appris en regardant les autres, en particulier à Aix la Chapelle. A 5h du matin, j'étais aux bords du rectangle, en train d'observer les cavaliers détendre et travailler ". Avec son record de longévité en équipe de France, s'il est un sujet qu'elle connait mieux que personne, tant elle l'a expérimenté, c'est bien le haut niveau et ses petites histoires. Ses hauts, ses bas, son quotidien, ses difficultés aussi,  " je crois que le manque de sponsors est en partie la cause du développement moins rapide de la France connait par rapport à d'autres nations. D'un autre côté, les sponsors arrivent avec les résultats, c'est donc un cercle vicieux. Le retard de l'élevage a longtemps été pour quelque chose, les bons chevaux nés en France existent maintenant mais ils sont encore plus rares qu'à l'étranger, le réservoir est donc moindre et les chevaux souvent plus difficiles à trouver et coûteux. Au delà de ça, j'ai le sentiment que nous n'avons pas forcément la discipline des autres nations. Notre enseignement de base est sûrement moins rigoureux et technique ". A quelques heures du passage vers la nouvelle année, Dominique sait déjà où elle sera du 10 au 15 août : devant sa télé, petit chien à proximité, pour les Championnats du Monde d'Aix la Chapelle, 20 ans après ceux qu'elle courait en 2006 ; une arène qu'elle connait par cœur pour y avoir piaffé et passagé, excusez du peu ... 27 fois ! Bon anniversaire Dominique ! crédit photo : coll privée

  • Justin Verboomen opte pour Djembe de Hus pour l'étape Coupe du Monde de Malines

    Vainqueur le week-end dernier du Top 12 de Frankfurt, Zonik Plus restera sagement à l'écurie cette semaine : si la présence de l'étalon de 9 ans était dans un premier temps évoqué pour l'étape Coupe du Monde de Malines, Justin Verboomen a finalement décidé de privilégier Djembe de Hus. "Le concours de Malines en 2024 a été absolument incroyable pour moi. Remporter la victoire pour la première fois restera gravé dans ma mémoire. C'était la première fois que je ressentais autant d'amour du public pour Zonik et pour notre couple. Le fait que cela se soit passé en Belgique, devant tant d'amis et de visages familiers dans les tribunes, a rendu ce moment incroyablement émouvant et intense " commentait ces dernières le cavalier de 38 ans qui sera à nouveau au départ de l'édition 2025 ce week-end avec le hongre par Damon Hill de 10 ans " Djembe est arrivé dans notre écurie au printemps dernier afin d'être vendu, notre relation se développe donc encore beaucoup. C'est un cheval très sensible et émotif, au sens le plus positif du terme. En cela, il me rappelle beaucoup Zonik Plus ". Médaillés de bronze du Championnat belge cette année, Justin Verboomen & Djembe de Hus dominaient en octobre le CDI 3* de Troisdorf où ils signaient deux reprises à plus de 72%. Le Grand Prix Coupe du Monde de Malines est programmé dimanche matin et la libre lundi. source : communiqué

  • Bohemian retrouve la compétition

    Deux ans après sa commercialisation et quasi 18 mois après sa dernière sortie en compétition, Bohemian, l'ex-crack de Cathrine Laudrup Dufour a retrouvé les terrains ; un retour détecté par Eurodressage . D'abord monté aux Championnats du Monde Jeunes Chevaux par Katrine Kraglund où il terminait 8 ème à 6 ans, Bohemian débutait le Grand Prix en CDI en 2018 à Aalborg : il s'imposait ensuite avec Cathrine Laudrup Dufour à Flyinge, Herning, Herzlake et Aix la Chapelle. En 2021, il permettait aussi à la jeune femme d'être médaillée de bronze par équipe aux Championnats d'Europe et d'argent en Individuelle. Malgré ces excellents résultats, l'alezan brulé s'avérait parfois très tendu en piste, suffisamment pour être aussi capable de contre-performances, notamment lors de leur dernière sortie, sur le CDI 5* de Stockholm en novembre 2022, où il se contentait d'un 73.761%. Acquis Dong Seon Kim début 2023 puis revendu en fin d'année à Heidi Humphries des écuries Zen Elite equestrian , Bohemian rejoignait alors le piquet d' Endel Ots. L'ex-cavalier d'Hubertus Schmidt le présentait sur le Grand Prix en CDI de mars à juillet 2024 avec des scores de 70/72% leur permettant d'être réservistes des JO de Paris. Une infection des sinus le tenait depuis éloigné de la compétition qu'il retrouvait finalement dimanche dernier sur un Grand Prix national évalué d'un 69.674%.

  • Bohemian vendu aux États-Unis

    Bohemian, l'ex-crack de Cathrine Dufour a retraversé l'atlantique : le hongre par Bordeaux a en effet été vendu aux États-Unis. D'abord monté aux Championnats du Monde Jeunes Chevaux par Katrine Kraglund où il terminait 8 ème à 6 ans, Bohemian débutait le Grand Prix en CDI en 2018 à Aalborg : il s'imposait depuis avec Cathrine Dufour à Flyinge, Herning, Herzlake et Aix la Chapelle. En 2021, il permettait aussi à la jeune femme d'être médaillée de bronze par équipe aux Championnats d'Europe et d'argent en Individuelle. Malgré ces excellents résultats, l'alezan brulé s'avérait parfois très tendu en piste, suffisamment pour être aussi capable de contre-performances, notamment lors de leur dernière sortie, sur le CDI 5* de Stockholm en novembre 2022, où il se contentait d'un 73.761%. Acquis Dong Seon Kim au début de cette année, le Westphalien était ces derniers mois au cœur d'un véritable feuilleton autour d'échanges houleux entre Patrik Kittel à qui il avait été confié et l'équipe du coréen, puis de sa recommercialisation possible via une l'organisation d'une vente aux enchères ; un procédé finalement écarté. Un nouvel chapitre s'est finalement ouvert pour l'alezan puisqu'il a cette fois été vendu à Heidi Humphries des écuries Zen Elite equestrian en Floride : elle faisait aussi ces derniers jours l'acquisition de Fleau de Baian, l'ex-cheval de Grand Prix d'Adelinde Cornelissen (voir ICI ), ou encore en 2021 de l'étalon King Pleasure aux écuries Reesink et de Sai Baba Plus l'ex-cheval de Grand Prix du portugais Boaventura Freire. Bohemian sera désormais monté par Endel Ots : âgé de 38 ans, il était par le passé cavalier pour Hubertus Schmidt en Allemagne et travaillait notamment avec Lars Petersen. Si Endel Ots n'a, à ce jour, présenté le Grand Prix qu'en épreuves nationales avec des chevaux comme Agastrofos et Donatus, il évoluait néanmoins sur le Petit Tour en CDI. Endel Ots représentait aussi les USA lors des Championnats du Monde Jeunes Chevaux en 2015 et 2016 avec Lucky Strike dans les 5 et 6 ans et Samhitas dans les 6 ans. crédit photo : fei/Liz Gregg

  • Diallo BB et Viva Gold Old récompensés du prix Otto Lörke

    Diallo BB et Viva Gold Old, respectivement montés par Jessica von Bredow Werndl & Isabell Werth, ont reçu à Frankfurt le week-end dernier le prix Otto Lörke, décerné par le Comité olympique allemand des sports équestres (DOKR) pour leurs performances prometteuses sur le niveau Grand Prix. Ce prix honore les cavaliers, entraîneurs et propriétaires de chevaux de dressage âgés de moins de dix ans et rend hommage à la figure du dressage germanique du même nom. Monté par Jessica von Bredow-Werndl, qui a pris en charge la poursuite de son travail depuis fin 2024, Diallo BB a déjà remporté neuf victoires internationales à Hagen (Grand Prix Spécial), Munich (Grand Prix, Grand Prix Spécial), Wiener Neustadt (Grand Prix, Grand Prix Spécial) et, plus récemment, lors de la Coupe du monde de Stuttgart (Grand Prix, Grand Prix Freestyle). « Je l'adore. C'est un vrai clown à l'écurie, et quand je le monte, j'ai le sentiment d'apprendre chaque jour. Nous avons progressé ensemble, construit des bases solides, et pourtant, notre aventure commune ne fait que commencer. Je suis très reconnaissante de pouvoir poursuivre son entraînement. Il a récemment repris des forces et nous progressons. J'ai hâte de voir où cette aventure nous mènera », confie Jessica von Bredow-Werndl, pleine d'enthousiasme pour Diallo BB. Propriété d'Annette Göbelsmann-Schweitzer et Beatrice Bürchler-Keller, le hongre né chez Margret et Hermann Hasseler, était entraîné par le passé par Jasmin Schaudt, Roxana Noack et Uta Gräf. Monté par Isabell Werth depuis mai dernier, Viva Gold Old a également reçu le prix Otto Lörke. « C'est un cheval exceptionnel, doté d'une aura extraordinaire. Rien ne lui pose de problème, et son calme et sa sérénité sont déjà impressionnants », s'est enthousiasmée sa cavalière, Isabell Werth, ajoutant : « Nous n'en sommes qu'au début de notre collaboration, mais son potentiel est extrêmement prometteur. Il a tout ce qu'il faut pour être un champion. ». Né chez Christine Arns-Krogmann, le Oldenbourg appartient à Antje Gehring (Gestüt Westfalenhof Gehring GbR) et à Madeleine Winter-Schulze. crédit photo : Stephan Lafrentz

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