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Appliquer les directives de jugement de la FEI concernant la tension négative, la soumission, l'acceptation du contact et l'harmonie - par Hans Christian Matthiesen

  • 7 mars
  • 4 min de lecture

Juge 5 étoiles et Président de l'International Dressage Officials Club (IDOC), le danois Hans-Christian Matthiesen s'exprime régulièrement sur la discipline. Il publiait ce matin sa vision et ses conseils quant à l'application des directives de jugement sur la tension négative, les résistances et les signes d’inconfort du cheval :



Dans le contexte actuel, l’application des directives de jugement de la FEI concernant la tension négative, la soumission, l’acceptation du contact et l’harmonie dépasse la simple précision technique : elle engage la crédibilité du sport. Le Manuel de jugement de dressage de la FEI est clair : la qualité des allures et l’exécution technique doivent être évaluées conjointement à l’état d’esprit général, caractérisé par la relaxation, la confiance et la bonne volonté. Lorsque des signes de stress ou de conflit sont visibles, il ne s’agit pas de « choix stylistiques », mais d’informations pertinentes pour le jugement, qui doivent influencer la notation en conséquence.


Signes de stress et de conflit déjà intégrés à notre cadre de référence


Le Manuel (et le cadre plus large de la FEI) nous invite à sanctionner tout ce qui compromet les résultats de l'échelle d'entraînement, notamment la tension négative, la perte d'équilibre et de soumission. Ceci implique de reconnaître systématiquement les indicateurs observables tels que :


  • ouverture persistante de la bouche, problèmes de langue ou contact instable

  • fouaillements de queue répétés non expliqués par l'environnement

  • oreilles couchées, expression faciale anxieuse, nuque/encolure rigides, raidissement de la ligne du dos

  • schémas de résistance répétés

  • tension marquée compromettant le rythme, la souplesse et la rectitude


De nombreuses preuves scientifiques confirment que de nombreux « comportements de conflit » sont corrélés à une gêne/douleur et/ou un stress important ; autrement dit, les comportements sont des signaux, et non du bruit. La littérature relative à l'éthogramme de la douleur chez le cheval monté (RHpE) est pertinente ici, car elle opérationnalise les comportements liés à la douleur chez le cheval monté dans un cadre d'observation pratique et démontre une forte discrimination entre les comportements inconfortables (boiterie, instabilité) et confortables.


Des recherches axées sur la compétition montrent également que les comportements conflictuels sont mesurables en dressage et, surtout, que certains comportements peuvent être sous-pondérés dans la notation selon l'attention portée par les juges. Enfin, des travaux très récents analysant les comportements liés au stress à différents niveaux confirment que ces signes peuvent être quantifiés à partir de vidéos et sont présents chez les chevaux de compétition.



Le plus difficile : les biais sont bien réels, même chez les juges expérimentés.


Nous aimons tous croire que nous « jugeons simplement ce que nous voyons ». Pourtant, des analyses rigoureuses en dressage de haut niveau révèlent des influences systématiques sur la notation, liées notamment aux biais de nationalité, à l'avantage du terrain, à la notoriété/au classement antérieur et à l'ordre de départ. Ces effets ne constituent pas une accusation de mauvaise foi ; ils nous rappellent simplement que la perception humaine est sensible au contexte, surtout sous la pression du temps.


Alors, comment faire pour progresser ?

Voici quelques habitudes pratiques qui, d'après mon expérience, font la différence et qui s'appuient sur nos connaissances en matière de biais :


Ancrez-vous d'abord sur des repères observables.

Avant la note l'impression générale, faites un rapide bilan interne : rythme, relaxation, contact, rectitude, rassembler – ​​que voyez-vous précisément ?


Utilisez une micro-liste de contrôle pour le stress et les conflits.

Choisissez 3 à 5 signes « non négociables » que vous relevez systématiquement (par exemple : bouche ouverte persistante, perte de souplesse et d'équilibre, tension évidente, résistance répétée). Si un signe est présent, assurez-vous que la note le reflète, même si le mouvement est par ailleurs « spectaculaire ».


Résistez activement aux effets d'aura.

Couple célèbre, trot ample, musique entraînante : rien de tout cela ne doit masquer la tension. Des études sur les biais cognitifs suggèrent que le classement ou la réputation antérieurs peuvent influencer les notes, à moins de compartimenter délibérément.


Réajustez votre approche pendant le test.

Si vous vous surprenez à penser « c'est un excellent couple», faites une pause et recentrez-vous sur l'échelle d'entraînement et les directives.


Privilégiez la constance à la perfection.

Nous ne pourrons jamais éliminer complètement les biais. Mais nous pouvons réduire ce risque en nous concentrant consciemment et régulièrement sur les définitions de la FEI et sur la façon dont le cheval va.


Pourquoi c'est important


Si nous n'appliquons pas systématiquement les recommandations relatives aux tensions et aux conflits, nous risquons de valoriser des images qui contredisent les idéaux affichés par la FEI. La science ne nous enjoint pas de devenir vétérinaires, mais elle nous indique que les comportements que nous décrivons déjà dans nos directives sont significatifs et doivent être considérés comme tels.


References


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source : IDOC - crédit photo : FEI/Leanjo de Koster




 
 
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