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  • CDI 3 et 4* de Lier

    Comme à chacune de ses éditions, le CDI de Lier, organisé en Belgique du 24 février au 1er mars, s'annonce très, très couru : CDI 4* CDI 3*

  • Mado Pinto reprend les rênes de Joolz de la Gesse

    Formé par Carlos Pinto jusqu'au Grand Prix, Joolz de la Gesse est désormais monté par sa fille, Mado. Débuté en compétition par le portugais à l'âge de 6 ans, ce fils de Florencio et Jazz se faisait rapidement remarquer puisqu'il prenait en 2021 la 3 ème place du Championnat de France des 7 ans ; une saison où il remportait aussi ses premières victoires en CDI. Déjà confié à Mado Pinto en 2023 pour que le KWPN prenne de l'expérience sur le niveau Petit Tour, Joolz de la Gesse débutait le Grand Prix en 2023 à Mâcon puis en CDI en 2024 à Ornago. Depuis, l'étalon issu de la même grand mère que l'étalon Tango monté par Hans Peter Minderhoud portait en particulier les couleurs du Portugal sur la Coupe des Nations de Compiègne, sur le 5* de Crozet, et remportait le Grand Prix du 3* du Mans et la libre du 3* de Compiègne. Après le départ de son Sirano de Luxe, la cavalière de bientôt 24 ans peut donc s'appuyer sur Joolz de la Gesse pour poursuivre sa carrière sportive : elle le présentait pour la première en compétition ce week-end sur un Grand Prix Jeunes à Nice où ils quittaient la piste avec un prometteur 70.064 %. Carlos Pinto profitait lui de l'occasion pour approcher le Grand Prix avec HDLG Living Legend, le hongre par Zonik de 10 ans avec qui 'il était en 2025 médaillé de bronze du Championnat de France Pro 2. Engagé sur sa première épreuve Avenir Élite, le KWPN était lui crédité d'un 68.886%. crédit photo : DR

  • Mado Pinto takes over the reins of Joolz de la Gesse

    Trained up to Grand Prix by Carlos Pinto, Joolz de la Gesse is now ridden by his daughter, Mado. Starting his competitive career with the Portuguese rider at the age of six, this son of Florencio and Jazz quickly made a name taking the third place in the 2021 French 7-Year-Old Championship ; a season he also achieved his first CDI victories. Already ridden by Mado Pinto in 2023 to give him experience at the Small Tour level, Joolz de la Gesse made his Grand Prix debut in 2023 in Mâcon, followed by his CDI debut in 2024 in Ornago. Since then, the stallion, who shares the same dam as Tango ridden by Hans Peter Minderhoud, has represented Portugal in Compiègne's Nations Cup, 5* in Crozet, won the 3* Grand Prix in Le Mans and the 3* Freestyle in Compiègne. After the sale of her horse Sirano de Luxe, the soon-to-be 24-year-old rider can now rely on Joolz de la Gesse to continue her sport career. She presented him for the first time in competition this weekend on a U25 Grand Prix test in Nice, where they scored a promising score of 70.064%. Carlos Pinto used this show to get closer to Grand Prix level with HDLG Living Legend, the 10-year-old Zonik gelding with whom he won a bronze medal at the 2025 French Pro 2 Championship. Competing in its first Avenir Elite test, the KWPN gelding scored 68.886%. crédit photo : DR

  • Into the Blue passed away

    Into the Blue, Louis Bell's Grand Prix horse, died in early February. Bred by British show jumping legend John Whitaker, this AES by Ublesco was discovered by the English rider at the age of three. She began competing with him at five, then in CDI events in 2015 on Small Tour level in Barcelona. They moved up to Grand Prix in UK 2017 and took two years later the third place at the National Championships. If they have never been selected for major Championships, Louise Bell & Into The Blue were nonetheless selected for few Nations Cups in Hickstead, Uggerhalne, Aachen, Compiègne, and Rotterdam. They also won the freestyle in le Mans in 2019. Retired since the end of 2025, the 20-year-old gelding unfortunately succumbed to colic attack and complications due to a displaced colon.

  • Disparition d'Into the Blue

    Into the Blue, le cheval de Grand Prix de la britannique Louise Bell est mort début février. Né chez la légende britannique du CSO John Whitaker, cet AES par Ublesco était découvert par l'anglaise à l'âge de 3 ans. C'est à 5 ans qu'elle le débutait en compétition puis en CDI en 2015 sur les épreuves du Petit Tour à Barcelone. Ils se lançaient sur le Grand Prix au Royaume-Uni en 2017 et prenaient deux ans plus tard la 3 ème place du Championnat national. S'ils n'ont jamais sélectionnés pour grande échéance internationale, Louise Bell & Into The Blue étaient tout de même retenus pour les Coupes des Nations de Hickstead, Uggerhalne, Aix la Chapelle, Compiègne et Rotterdam. Ils s'imposaient par ailleurs sur la reprise libre du CDI 3* du Mans en 2019. A la retraite depuis fin 2025, le hongre de 20 ans succombait malheureusement à une colique et aux complications liées à un déplacement du colon.

  • Edouard Ecary : on peut faire dire tout et n'importe quoi à une photo

    " Nous sommes la première civilisation, qui peut se croire autorisée par ses appareils à en croire plein les yeux. La première à avoir posé un trait d’égalité entre visibilité, réalité et vérité. Toutes les autres, et la nôtre jusqu’à hier, estimaient que l’image empêchait de voir. Maintenant, elle vaut pour preuve " * ; tels sont les mots de Régis Debray, écrivain & philosophe, membre de l'Académie Goncourt et Grand Prix de littérature l'Académie Française en 2019, dans sa thèse de doctorat soutenue en 1993. Scrutés, observés et disons-le, parfois disséqués, les sports équestres et le dressage en particulier n'échappent pas à la puissance, à l'impact de l'image. La photo permet-elle de juger une prestation ? Comment apprécier la représentation statique du mouvement ? Quel crédit lui donner ? Existe-t-il une limite aux observables de l'image ? L'appareil photo est-il devenu le microscope de l'invisible ? Pour répondre à ces questions, Dressprod a donné la parole à Edouard Ecary , photographe professionnel et responsable de l' Agence Ecary , qui officiait notamment sur les finales Coupe du Monde d'Omaha et Paris Bercy, les Internationaux de France de Compiègne, le CHI de Genève, les Championnats d'Europe Poneys ou encore Equita Lyon. La photographie dite en "rafale" est parfois utilisée pour capter les reprises de dressage, les parcours de CSO. Comment fonctionne-t-elle et combien d'images par seconde, l'appareil photo saisit-il ? Le nombre d'images par seconde varie selon l'appareil photo utilisé. Les derniers appareils professionnels dits « réflexes numériques » permettent de prendre 14 images par seconde, tandis que le matériel grand public se limite à 5 ou 7 images. Lors d'une rafale, les images s'enregistrent à intervalles réguliers, au rythme de l'ouverture et de la fermeture du miroir, ce qui définit la cadence de prise de vues. La nouvelle génération d'appareil photo sans miroir permet d'aller jusqu'à 20 images par seconde, sachant que la vidéo débute à 24 images par seconde. Si le photographe démarre sa série au bon moment, il aura peut-être 3 ou 4 photos exploitables, seulement si la cadence de son appareil est importante. Si celle -ci est faible, comme c'est le cas sur le matériel grand public, il y en aura peut-être une, ou aucune. En rafale, il est donc impossible d'avoir à coup sûr la bonne photo. Sur X images ainsi produites, combien sont, selon vous, présentables? Pourquoi ? Cette question est difficile car la qualité dépend vraiment de la cadence de l'appareil, de la capacité du photographe à démarrer sa séquence au bon moment. J'ai tendance à dire que, sur une rafale, avec un appareil professionnel, 30 % d'images présentables est déjà un excellent résultat. On peut aussi n'avoir aucune photo exploitable. Obtenir 100 % d'images exploitables est-il possible ? Pour quelqu'un qui ne fait que de la rafale, forcément non. Par contre, un photographe qui a un mode de travail plus raisonné, plus réfléchi, connaît le dressage, sait quand il faut déclencher pour bien mettre en avant le cheval, obtenir 80 à 90 % d'images exploitables est tout à fait possible. La parfaite attitude, en permanence et sur toutes les photos, est-elle atteignable en photographie ? Cette question ne dépend pas du photographe. Cependant, il ne me semble pas possible d'avoir la parfaite attitude sur toutes les photos car nous captons un instant T d'une seconde T : parfois la nuque bouge, le cheval se désengage etc … C'est donc impossible d'un point de vue purement technique. C'est exactement la même chose que lorsque l’on cherche à faire un beau portrait de son cheval : il semblait dans une belle attitude et finalement sur la photo, on s'aperçoit qu'il a cligné de l’œil. La variable c'est donc l'animal, le mouvement : c'est tout le paradoxe de la photographie qui immobilise le mouvement. Ça ne peut donc pas fonctionner à 100 %. Peut-on considérer qu'une série de photos permet de juger une prestation ? Non, pas du tout. J'ai par exemple des photos de Club élite où on pourrait croire qu'il s'agit d'un cheval d'amateur 2 ou d'amateur 1. On peut faire dire tout et n'importe quoi à une photo. Certains chevaux sont plus photogéniques que d'autres même s'il reste certain qu'il est plus facile d'obtenir de bonnes photos avec les meilleurs chevaux du monde. Il suffit cependant de ne pas être au bon endroit, avec la bonne lumière, le bon angle et il sera quasi impossible d'avoir une bonne photo. Pour moi, il est impossible d'évaluer de manière objective un cheval à partir d'une série de photos, il est donc difficile d'apporter beaucoup de crédit aux jugements portés de cette manière sur une performance. Il s'agit toujours d'un instant T. Pour juger une reprise, une série de photos est inadaptée, la seule façon de le faire de manière objective reste une vidéo de bonne qualité, ou d'avoir vu la reprise. La vidéo permet de tout voir, alors que la photo n'est qu'une extraction d'une fraction de seconde : il est d'ailleurs facile de sélectionner uniquement les bonnes, ou uniquement les mauvaises photos d'une série. Quel est votre regard de professionnel et de technicien sur l'emploi de la photo en rafales ? C'est s'assurer qu'en théorie, on maximise les chances d'avoir une bonne image. Je parle d'une rafale faite avec un appareil professionnel. Avec un appareil amateur, on n'est sûr de rien. La photo de dressage est-elle plus difficile à prendre que la photo de CSO ? Je ne pense pas. Par contre, il me semble que l’on est plus exigeant pour la photo de dressage. Dans l'esprit du public, le dressage doit être plus parfait. C'est une conception différente de la discipline, mais dans chacune des deux, le plus difficile est de savoir immortaliser un instant. Ce qu'on fait dire aux photos met-il en danger l'équitation ? Oui et non. Non car ce n'est que de l'image et il y a des sujets bien plus graves. Mais oui aussi, car il existe aujourd'hui une véritable nécessité que chacun fasse attention aux images qu'il diffuse. L'équitation au sens large est observée par les défenseurs de la cause animale et au nom de laquelle des actions extrémistes sont parfois engagées : ce fut d'ailleurs le cas lors des derniers Championnats d'Europe de CSO à Rotterdam. Diffuser des images qui ne valorisent pas l'équitation c'est clairement mettre en danger l'avenir de toutes les pratiques équestres, sans distinction de discipline, et qu'elles soient professionnelles ou amateurs d'ailleurs. Chaque photographe, chaque diffuseur de photo est donc responsable des photos qu'il met en circulation. La puissance d'une photo, lorsqu'elle n'est pas maîtrisée, sortie de son contexte est sujette à l'interprétation, peut être dévastatrice pour le cavalier, mais aussi pour toute la filière. Il faut donc être conscient de l'image que l’on donne de l'équitation et à ses possibles conséquences. crédit photos : Agence Ecary / Pixabay * Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident , Gallimard

  • Modérer son expression et contrôler son impulsion pour repenser la qualité de notre contact

    Ultracrépidarianisme. À vos souhaits ! Au gré du « scrolling » frénétique de fil d'actu, voilà un ovni de la langue française découvert cette semaine sur le post d'un contact Facebook qui se reconnaîtra probablement ; une découverte qui interroge sur son sens : « capacité à parler avec assurance de quelque chose qu'on ne connaît pas ». Mon dieu mais c'est bien sûr, voilà enfin le jackpot au scrabble qui désigne ce fléau pas tout à fait né des réseaux sociaux bien que ceux ci lui aient donné un sens plus prononcé ; une capacité à s'exprimer, sans s'interroger sur sa légitimé sur le sujet. Cette notion est définie en psychologie comme « l'effet Dunning-Kruger », ou « effet de surconfiance », un biais cognitif selon lequel les moins qualifiés dans un domaine surestiment leur compétence. Si cette tendance n'a fait qu'être exacerbée par la crise sanitaire qu'on connaît et son défilé d'experts supposés, force est de constater que cette propension à blablater touche tous les aspects de la société. L'aveugle critique sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, sur comment le faire ou ne pas le faire, ce qui est juste, ce qui ne l'est pas, surpasse finalement la capacité à s'interroger sur son aptitude à avoir une opinion juste et justifiée, sur son expérience réelle de la chose jugée. Si l'ultracrépidarianisme trouve, à en croire sa définition, sa source dans la passion de l’inexpérience, le silence de l'expérience lui laisse peut-être aussi une place qu'elle devrait occuper. Pour reprendre les propos d’Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences : « les gens qui sont aux extrêmes parlent plus que ceux qui font partie de ce qu'on appelle la majorité silencieuse […] notre démocratie, pour garder sa vivacité a besoin que les gens modérés s'engagent passionnément ». Avoir la liberté de s'exprimer impose donc la responsabilité de ses idées comme d'en assumer les effets. Et pour nous, pauvres cavaliers, à trop crier, critiquer, à trop considérer que l'autre est mauvais ou fondamentalement mal intentionné, à trop penser qu'on détient l'unique vérité et que l'autre méconnaît, à trop nous diviser sans nous protéger, on risque demain de devoir accepter d'arrêter de monter car d'autres l'auront décidé, attirés par des désaccords que nous n'aurons su gérer, par l'unité dont nous aurons manqué. Voilà bien le danger. S'il n'est évidemment pas question de renier le droit de critiquer quand on sait, le droit de vilipender quand on a l'expertise du sujet et qu'on est opposés, et si on apprenait aussi à se respecter pour pouvoir continuer à vivre en passionnés ?

  • Merci Totilas ...

    C'est groggy, étourdi, que le monde du dressage se réveille ce matin, assommé, embrumé, sidéré, par l'annonce de son décès. Oui, Totilas nous a quittés. Pour beaucoup, comme en témoigne le raz de marée de réactions, de partages, de commentaires, c'est un choc. Qu'on l'ait aimé, admiré ou critiqué, avec lui, une petite part de nous s'en est allée, une page dans notre propre histoire de cavalier, de passionné, s'est brutalement tournée. Subjugués par sa beauté, par son impression de facilité, par la douceur, la candeur qu'il dégageait, Totilas aura marqué tout ceux qui l'ont croisé, tout ceux qui ont eu la chance de pouvoir le côtoyer. Les quelques privilégiés qui ont pu l'approcher, ne serait-ce qu'au détour d'une allée, de le voir être médaillé, mesurent aujourd'hui la chance qui leur fut donnée. Au delà de sa carrière, au delà du spectaculaire, Totilas nous aura donc fait rêver, donné envie de travailler, poussé à avancer comme cavalier, à nous fasciner, motivés par l'idée de tenter de s'en approcher ou pour certains de s'en éloigner, mais là n'est pas le sujet. Si, le choc a peine retombé, quelques voix ne manqueront pas de relever, pour une énième fois des critiques que chacun estimera ou non justifiées, personne ne pourra lui enlever son incroyable capacité à nous avoir touchés, à avoir su nous/se rassembler, à nous faire nous questionner. Alors simplement merci Totilas : merci d'avoir fait naître tant de passionnés, merci de nous avoir fait vibrer, merci de parfois nous avoir faire pleurer, merci de t'être transcendé, merci de nous avoir subjugué, merci d'avoir simplement existé. crédit photo DR

  • Jeux Olympiques : le rendez-vous qui rend fou

    Il y a les Championnats Nationaux, les Championnats d'Europe, les Championnats du Monde. Et puis, il y a les Jeux Olympiques : tous les 4 ans, ils rythment l'actualité sportive et le calendrier de celles et ceux qui ambitionnent d'y participer ; une forme de rareté, une temporalité, qui confèrent aux athlètes sélectionnés un statut particulier dans notre société, une forme de respect qui leur est manifestée. Il y a, en somme, les athlètes olympiques et il y a les autres. Pourtant, et malgré l'extraordinaire ferveur populaire suscitée par une l'approche d'une olympiade, le sport ne met pas que les corps à rude épreuve mais aussi les esprits. Sergey Bubka à Barcelone en 1992, Marie José Pérec à Sydney en 2000, Naomi Osaka à Tokyo en 2021 ne sont quelques petits exemples issus de l'Histoire contemporaine qui prouvent, si tant est qu'il le faille encore, que les athlètes les plus acclamés peuvent eux aussi s'effondrer et contre-performer. Que dire des chiffres relayés par la presse :   selon une étude réalisée en 2021 sur 394 athlètes britanniques ayant participé aux Jeux Olympiques et paralympiques et issus 29 sports, 24% ont déclaré ressentir ou avoir ressenti une détresse psychologique élevée ou trop élevée pour eux. Difficultés à absorber les ambitions de leurs fédérations, multiplication des sollicitations, obligations médiatiques, incapacité à digérer un résultat, à trouver la motivation de poursuivre sa carrière ou à accepter le retour à un certain anonymat passé ce tourbillon ; voilà seulement quelques causes possibles d'une dépression dont ne se sont pas cachés les plus grands, comme le nageur Michael Phelps, le rameur français Champion Olympique en deux de couple Hugo Boucheron, le skieur Nick Goepper qui évoquait même ses pensées suicidaires ; un acte de désespoir que commettait malheureusement la cycliste néo-zélandaise Olivia Podmore quelques heures seulement avoir avoir publié sur son compte Instagram “ le sport est un exutoire incroyable pour tant de gens, c'est une lutte, un combat mais c'est tellement joyeux. Le sentiment lorsque vous gagnez ne ressemble à aucun autre mais le sentiment lorsque vous perdez, lorsque vous n’êtes pas sélectionné même si vous vous qualifiez, lorsque vous êtes blessé, lorsque vous ne répondez pas assez aux attentes de la société telles que posséder une maison, un mariage, des enfants, tout cela parce que vous essayez de tout donner à votre sport, ne ressemble à aucun autre  “. À quelques semaines des Jeux Olympiques de Paris et alors qu'une certaine fébrilité marque toujours l'approche des sélections, Dressprod a souhaité creuser le sujet avec 2 cavalier(e)s olympiques. Leurs identités et nationalités n'ayant finalement que peu d'intérêt, choix a été fait de les anonymiser non seulement pour leur offrir davantage la liberté de s'exprimer mais aussi pour apporter une légèreté contraire au sujet. Nous les nommerons Denis Raud et Florence Riot :). Les Jeux ont été la meilleure année de ma carrière sportive mais [...] la pire au niveau émotionnel. Ce qui m'a sauvé(e), ce sont les chevaux.   " Les Jeux Olympiques représentent le Graal pour tous les sportifs. Comparés à des Championnats d'Europe ou des Jeux Mondiaux, les athlètes n'évoluent pas qu'avec leur discipline, dans le cas des cavaliers de dressage leur microcosme, mais sont au contraire liés à tout un pays qui les soutient, à tous les autres sports, surtout lorsque les fédérations font le choix de vivre au cœur du village olympique  “ introduit Denis Raud avec encore, quelques années plus tard, une forme d'excitation et d'enthousiasme dans la voix qui ne cherche pas à cacher l'envie de se voir à nouveau sélectionné(e) ; une expérience exceptionnelle, hors du temps, qui est déjà diversement vécue, comme le souligne d'emblée Florence Riot, beaucoup plus modéré(e) que son/sa collègue “ Les Jeux Olympiques ont été une expérience particulière car nous sommes partis longtemps, sans nos conjoint(e)s qui ne sont arrivé(e)s que la semaine précédent le début des épreuves. Je me suis donc senti(e) isolé(e) et esseulé(e ) “. Si du côté de Denis Raud, l'escapade olympique reste donc une parenthèse pailletée pour laquelle il/elle se verrait bien rempiler " je ne garde que de bons souvenirs des Jeux Olympiques même si je dois reconnaître que ce n'était pas forcément le rêve de ma vie mais plutôt le fruit de la rencontre avec mon cheval ", pour Florence Riot ce fut une épreuve, dans tous les sens du terme, qu'elle n'est pas prêt(e) d'oublier et qu'elle se remémore avec une forme d’amertume pas tout à fait digérée " je ne garde pas un excellent souvenir des Jeux Olympiques car c'est la pire expérience sportive de ma carrière  ", avant d'expliquer  " la veille de  la  première épreuve, l’entraîneur auquel ma fédération faisait appel, m'a fait(e) travailler d'une manière que je ne comprends toujours pas aujourd'hui. Sur le coup, j'ai obéi mais j'avais bien conscience que cette séance ne serait pas sans conséquences pour le lendemain et, de fait, mon cheval s'est fâché ce qui a gâché mon expérience olympique alors que nous étions prêt(e)s. Sur le coup, je n'ai pas réussi à analyser d'autant que je n'ai jamais eu d'explications sur les intentions de cette fameuse séance  ". j'ai traversé un épisode dépressif Désemparé(e) face à cette contre-performance dont elle/il ne s'estime pas responsable, elle/il poursuit " quand je suis rentré(e), j'ai été confronté(e) à la presse, très critique, j'ai eu le sentiment de me faire démolir et je me suis pris(e) une vraie claque, surtout au regard des très nombreuses concessions et sacrifices qu'on doit faire pendant des années lorsqu'on envisage de participer aux Jeux Olympiques. J'ai trouvé ça assez dégueulasse et ça a clairement affecté mon envie de poursuivre ma carrière sportive à haut niveau. Je pense pouvoir dire que j'ai traversé un épisode dépressif car j'ai eu le sentiment que les choses m'échappaient. Le retour des Jeux Olympiques a été très difficile : non seulement j'étais sous le choc de notre contre-performance mais j'ai aussi été très peiné(e) de voir mon cheval en revenir totalement épuisé . Quant à moi, j'ai eu le sentiment d'être totalement oublié(e) à mon retour, de n'intéresser plus personne." j'ai eu le sentiment d'être totalement oublié(e) à mon retour, de n'intéresser plus personne Denis Raud a lui aussi très mal vécu son retour des Jeux Olympiques, certes pour des raisons différentes mais avec, en partie, les mêmes conséquences "   avant les Jeux, tout le monde est là pour vous, le téléphone sonne tous les jours, que ce soit pour préparer les aspects administratifs ou répondre aux sollicitations médiatiques et, du jour au lendemain, tout s'arrête et c'est très violent. Après les Jeux, je me suis senti(e) délaissé(e) car, une fois l'objectif atteint, j'ai eu le sentiment de ne plus exister, de retourner à mon quotidien et parfois ses galères : un tel événement nécessite une absence assez longue [...], en rentrant, je me suis retrouvé(e) un peu seul(e) à être cavalier(e), palefrenier(e) etc … car il fallait aussi laisser souffler celles et ceux qui avaient assuré pendant mon absence. Revenir à la réalité a été très difficile, une vraie claque (ndlr : on notera le hasard de l'usage de la même expression ...), car les JO sont un incroyable ascenseur émotionnel d'autant que, contrairement aux cavaliers de CSO ou des gens comme Patrik Kittel ou Isabell Werth qui ont des systèmes comparables, la majorité des cavaliers ne sont pas dès le week-end suivant sur des concours importants avec leurs autres chevaux de Grand Prix".  Il/Elle avoue également " je n'avais pas conscience que les choses se passeraient de la sorte car la préparation est centrée sur la compétition mais au retour la routine qui s'est installée disparaît. Le retour à la réalité est quelque chose sur lequel il faut travailler. Je ne sais pas qui doit prendre cet aspect en charge ou si ce doit être une démarche personnelle mais je peux dire que je me suis senti(e) dans une phase dépressive pendant un certain temps. Les JO ont aussi eu une part de responsabilité dans des difficultés personnelles que j'ai traversées car beaucoup de temps leur a été consacré au détriment d'autres choses ; des sacrifices qui ne sont pas sans impact et qui peuvent, à juste titre, donner le sentiment qu'on délaisse sa famille, ses proches et ses amis. Les Jeux ont été la meilleure année de ma carrière sportive mais certainement la pire au niveau émotionnel. Ce qui m'a sauvé(e), ce sont les chevaux  " conclue-t-il/elle. du jour au lendemain, tout s'arrête et c'est très violent Si D.Raud a trouvé seul(e) l'énergie d'avancer grâce à ses chevaux, F.Riot a eu besoin de se tourner vers un(e) professionnel(le) " j'ai dû faire appel à un(e) spécialiste du mental pour retrouver l'envie de faire de la compétition d'autant que je n'ai pas trouvé d'oreilles particulièrement attentives à ma déception, que ce soit auprès des autres cavaliers de mon pays ou de ma fédération   ... ". Interrogés justement quant au rôle de leurs fédérations, aucun(e) des cavalier(e)s sollicité(e)s n'estime avoir souffert d'une forme de pression à la performance que ce soit pendant la période de sélection ou lors de l'échéance, Denis concédant même "  je me suis mis(e) moi même la pression, je n'ai eu besoin de personne pour ça ”. Bien que ces quelques échanges n'offrent qu'une vision partielle et sûrement un peu binaire de l'expérience olympique, Dressprod échangeait aussi sur le sujet avec Ruby Stein, Sammy Neraud, Martine Nee et Sandra Aït : 4 autres interlocuteurs qui confiaient eux aussi avoir de quoi s'exprimer sur le sujet. Si des difficultés de coordination des emplois du temps en auront finalement décidé autrement, l'intérêt qu'ils manifestaient d'emblée pour le sujet ne faisait que confirmer la nécessité de relever et souligner l'autre réalité des Jeux Olympiques. Alors tentons de garder à l'esprit, lorsque nous verrons ces cavaliers s'avancer, et notamment les 3 qui auront été sélectionnés, que même lorsqu'on n’a aucune chance d'être médaillé, pour ne serait-ce que participer il y a parfois un prix à payer qu'on devrait peut-être davantage conscientiser. crédit photo : wikipedia Anne Jea Attribution-ShareAlike 40

  • CDI de Hagen : le changement c'est maintenant ?

    De la célèbre apostrophe de François Hollande " le changement c'est maintenant " à "Horses and Dreams meets the Netherlands " il n'y a qu'un pas, certes à l'humour un brin glissant mais qu'il est trop tentant de franchir : outre une seconde journée de compétition très humide à Hagen, entre les averses, souffle-t-il aussi un vent de changement, d'évolution des critères de jugement ? Possible. Difficile de ne pas remarquer les notes, étrangement basses enregistrées ces derniers jours sur le rectangle de la famille Kasselmann. Illustrations. Seconds du premier Grand Prix du 4*, Andreas Helgstrand & Jovian étaient évalués d'un 71.391%, soit leur plus modeste score obtenu depuis leurs débuts à ce niveau malgré une reprise sans grosse faute, loin très loin même des 77.130% acquis à Aalborg en 2022, de leurs 76% et + obtenus à Hagen, toujours en 2022, Herning & Aalborg en 2023. 3 èmes, Patrik Kittel & Touchdown subissaient la même tendance avec un 70.783%, avec certes une ligne au temps fautive mais décidément bien éloignée des 77.087% qui récompensaient leur Grand Prix à Herning en 2021, des 77.652% du CDI 5* de Doha et même des 74.935% de leur seconde place sur l'étape Coupe du Monde de Lyon en novembre dernier. Idem du côté du Grand Prix du 3 étoiles où, il fut un temps pas si lointain, l'arrivée d'Isabell Werth, Jessica von Bredow Werndl et Patrik Kittel avec de nouvelles montures aurait certainement déclenché une vague d'enthousiasme bien au delà des 69 à 71% et ce, même avec des fautes et moments perfectibles... Après des années a avoir, parfois (souvent ?), le sentiment que les cavaliers renoms ne subissaient pas toujours le même traitement que les autres, le CDI de Hagen semble, au moins pour cette fois, avoir planté un nouveau décor, coloré de davantage de conscience des regards qui pèsent plus que jamais sur le sport. Si pour certain une telle évolution du paradigme est/serait/sera surement de nature à l'incompréhension puis à la remise en question, d'autres auront peut-être, enfin, la chance d'accéder un peu plus souvent aux hauteurs des classements. Un peu moins de spectaculaire, de gesticulations au profit des prémices d'une nouvelle ère de l'équitation ? Suivons désormais avec attention la suite de la saison.

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