Modérer son expression et contrôler son impulsion pour repenser la qualité de notre contact

Ultracrépidarianisme. À vos souhaits ! Au gré du « scrolling » frénétique de fil d'actu, voilà un ovni de la langue française découvert cette semaine sur le post d'un contact Facebook qui se reconnaîtra probablement ; une découverte qui interroge sur son sens : « capacité à parler avec assurance de quelque chose qu'on ne connaît pas ». Mon dieu mais c'est bien sûr, voilà enfin le jackpot au scrabble qui désigne ce fléau pas tout à fait né des réseaux sociaux bien que ceux ci lui aient donné un sens plus prononcé ; une capacité à s'exprimer, sans s'interroger sur sa légitimé sur le sujet. Cette notion est définie en psychologie comme « l'effet Dunning-Kruger », ou « effet de surconfiance », un biais cognitif selon lequel les moins qualifiés dans un domaine surestiment leur compétence.


Si cette tendance n'a fait qu'être exacerbée par la crise sanitaire qu'on connaît et son défilé d'experts supposés, force est de constater que cette propension à blablater touche tous les aspects de la société.


L'aveugle critique sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, sur comment le faire ou ne pas le faire, ce qui est juste, ce qui ne l'est pas, surpasse finalement la capacité à s'interroger sur son aptitude à avoir une opinion juste et justifiée, sur son expérience réelle de la chose jugée.


Si l'ultracrépidarianisme trouve, à en croire sa définition, sa source dans la passion de l’inexpérience, le silence de l'expérience lui laisse peut-être aussi une place qu'elle devrait occuper. Pour reprendre les propos d’Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences : « les gens qui sont aux extrêmes parlent plus que ceux qui font partie de ce qu'on appelle la majorité silencieuse […] notre démocratie, pour garder sa vivacité a besoin que les gens modérés s'engagent passionnément ».


Avoir la liberté de s'exprimer impose donc la responsabilité de ses idées comme d'en assumer les effets. Et pour nous, pauvres cavaliers, à trop crier, critiquer, à trop considérer que l'autre est mauvais ou fondamentalement mal intentionné, à trop penser qu'on détient l'unique vérité et que l'autre méconnaît, à trop nous diviser sans nous protéger, on risque demain de devoir accepter d'arrêter de monter car d'autres l'auront décidé, attirés par des désaccords que nous n'aurons su gérer, par l'unité dont nous aurons manqué. Voilà bien le danger.


S'il n'est évidemment pas question de renier le droit de critiquer quand on sait, le droit de vilipender quand on a l'expertise du sujet et qu'on est opposés, et si on apprenait aussi à se respecter pour pouvoir continuer à vivre en passionnés ?



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