L'échelle de progression, par Nicole Favereau



Cavalière internationale, membre de l'équipe de France, enseignante, triple vainqueur du Grand National de la FFE, mais aussi créatrice d'E-Riding Solutions, le concept qui permet aux cavaliers de trouver une méthode d'entraînement à domicile leur permettant d'optimiser leurs performances grâce à de simples échanges vidéos, Nicole Favereau nous en dit un peu plus sur les 3 premières étapes de l'échelle de progression.


Selon l’article 401 de la Fédération Équestre Internationale, le Dressage a pour but le développement du cheval en un athlète heureux au moyen d’une éducation harmonieuse. Il a pour conséquence de rendre le cheval calme, souple, délié et flexible mais aussi confiant, attentif et perçant, étant ainsi en parfaite harmonie avec son cavalier. Ces qualités seront évaluées par les juges lors des compétitions à l’aide de l’échelle de progression.


L’échelle permet d’une part de préserver l’intégrité physique et morale du cheval lors des séances de travail, en mettant l’accent sur la locomotion et les qualités à développer, plutôt que sur les mouvements ou les aides que l’on doit utiliser. Elle permet d’autre part d’évaluer objectivement et de manière unanime la qualité de la performance présentée.


L’utilisation quotidienne de l’échelle permettra donc au cavalier d’adapter l’entrainement à sa monture en mettant l’accent sur le confort de travail et un fonctionnement juste basé sur la biomécanique et l’étude du comportement équin.

Même si chacune des notions présentées dans cette échelle contient en elle même toutes les autres (on ne peut pas avoir un rythme et une cadence régulière sans une certaine souplesse, ni un contact égal et moelleux sans rectitude), il fallait bien isoler et hiérarchiser chacun de ces critères pour les définir et donner des observables sur ces différentes qualités ; non sans oublier que ces six concepts constituent une trame organisée autour de la problématique du Dressage et que chacun d’entre eux à une influence sur les autres.


Il en est d’ailleurs de même lorsque l’on parle des fondamentaux du plan de formation fédéral : s’équilibrer, avancer, tourner, qui sont eux aussi intimement liés et interdépendants « Évoluer c’est monter en spirale à l’intérieur d’une colonne à base triangulaire dont les arêtes représentent les 3 fondamentaux » (extrait du livre de Jean-Luc Force Enseigner l’équitation). Ici on pourrait parler d’une colonne à base hexagonale dont les piliers représentent les 6 marches de l’échelle de progression.


Correction des allures


La correction des allures est caractérisée par la régularité de chacune d’entre elles et intègre en premier lieu le maintien du rythme propre à chacune des allures : le pas, allure marchée à 4 temps égaux et symétriques dans laquelle le dos du cheval ondule latéralement et longitudinalement alors que l’encolure exécute un mouvement de balancier notamment plus important dans le pas allongé. Le trot, allure sautée à 2 temps égaux et symétriques séparés par une phase de projection où les membres ne touchent plus le sol. Dans cette allure l’encolure et le dos ne s’articulent pas ou peu et gardent une certaine fixité. Le galop, allure sautée et basculée à 3 temps avec un temps de projection pendant lequel le cheval ne touche plus le sol. Dans cette allure, comme dans le pas, l’encolure effectue un mouvement de balancier alors que le dos-rein s’articule pour permettre l’engagement des postérieurs sous la masse. La régularité intègre aussi la notion de cadence propre à chaque cheval et qui va évoluer au fur et à mesure de la progression vers le rassemble. Elle doit être la plus constante possible et le résultat d’une propulsion juste, elle-même obtenue par la poussée dans l’équilibre.


La souplesse et la décontraction


On pourrait associer ces 2 qualités à la manière dont le cheval s’organise pour adhérer au projet de son cavalier. En effet, lorsque le cheval est dans un état physique et mental lui permettant de performer au mieux, il se livre le plus souvent de bonne grâce. En revanche, souplesse et décontraction ne doivent pas être assimilées à relâchement et inactivité car si on considère un sportif, qu’il soit athlète ou danseur, tous deux sortent de l’entrainement en sueur et parfois avec quelques courbatures. Ce qui signifie qu’il faut alterner dans le travail des séquences de mise à l’effort et des séquences de relaxation-récupération. C’est par le juste choix des exercices, de leurs durées et de leurs exigences combinés aux périodes de récupération en attitude de relaxation et aux récompenses fréquentes que le cheval va progressivement acquérir la musculature, la condition physique et mentale d’un véritable athlète.


La qualité du contact


Le sujet polémique par excellence. En effet, c’est en règle générale sur cette notion de contact que les opinions diffèrent et que les esprits s’échauffent….


Le contact est la relation entre la main du cavalier et la bouche du cheval par l’intermédiaire des rênes. Il doit être franc, permanent et moelleux, ce qui favorisera la communication entre le cavalier et sa monture et permettra un contrôle très précis de tous les facteurs : poussée, équilibre, vitesse, direction, attitude, souplesse..


On peut tout aussi bien remplacer le mot contact par le terme : connexion (comme la connexion internet) ; cela illustre bien que cette relation se doit d’être permanente afin de récolter en continu les informations que nous envoie le cheval et y répondre sans tarder. L’erreur la plus fréquente, sous prétexte de ne pas tirer ou de ne pas se faire tirer et de vouloir à juste titre donner du confort à sa monture, consiste à monter avec des rênes détendues et d’abandonner le cheval de manière plus ou moins fréquente. Cela part d’un bon sentiment, mais si on y regarde de plus près, on va vite se rendre compte qu’au lieu d’aider son cheval à travailler juste et de participer à son effort on va le laisser livré à lui-même, ignorer les informations précieuses qu’il nous envoie et ne résoudre aucun problème de légèreté, car dés que l’on va de nouveau ajuster ses rênes le problème sera toujours là. La véritable légèreté est donnée par le cheval lui-même, non pas en se mettant en retrait de son mors et en lâchant la main mais bien au contraire et étant tendu vers le mors et la main du cavalier qui le reçoit sur deux rênes égales pour filtrer l’impulsion et la poussée. Les problèmes de légèreté sont des problèmes de résistances de force ou de poids que l’on ne peut régler qu’avec le contact et l’utilisation d’assouplissements appropriés.


C’est donc bien par une propulsion souple dans la rectitude associée à un bon équilibre que l’on abouti à la légèreté sur un contact permanent. La poussée et l’engagement des postérieurs sont donc le point de départ du contact juste dans la mesure ou le cavalier accepte de recevoir et de contrôler dans sa main tous les paramètres qui vont conduire le cheval à être portant et à s’exprimer dans un équilibre montant.


Cliquez sur les vignettes pour consulter les légendes


A la lumière de ces différentes précisions sur les 3 premières marches de l’échelle de progression, on peut en déduire que le chemin qui mène à l’harmonie musculaire et au bien être du cheval sous la selle est un chemin de patience, d’observation et de réflexion tout autant que d’investissement physique pour le cavalier. En effet, il parait difficilement concevable de demander des efforts à nos chevaux si nous n’en faisons pas nous même et le secret est dans un entrainement bien conduit et approprié à chaque cheval en fonction des ses possibilités et des objectifs poursuivis.


Plus d'infos sur E-Riding Solutions ICI

GIF-dressprod-HDLG.gif
31.gif
encard.jpg

CHEVAUX DE DRESSAGE A VENDRE

Tarif annonce : 15€ / le trimestre

également dans l'actu

# Suivez-nous

Instagram-orange-.png

© Dressprod 2020