Emmanuelle Schramm Rossi : ce report des JO peut aussi être considéré comme une opportunité


Après une saison quasi vierge de compétitions internationales, l'année 2020 s'achevait le week-end dernier au Mans avec la Finale du Grand National. Entre une pandémie toujours menaçante, le report des JO de Tokyo, l'organisation des Championnats d'Europe, la Fédération Française d’Équitation annonçait samedi soir son projet sportif 2021-2024 : l'occasion de faire le point avec Emmanuelle Schramm Rossi, la Directrice Technique Nationale adjointe en charge du dressage.

Quel bilan tirez-vous de cette année 2020 ?

Malgré la Covid 19, nous avons eu de la chance, car nous avons pu bénéficier d'une saison de concours avec une certaine régularité notamment grâce au Grand National dont seule l'étape de Jardy a été annulée. Nous avons donc pu maintenir un contact régulier avec les cavaliers et la plupart d'entre eux ont pu rester dans un rythme acceptable de compétition. Le Master Pro a été maintenu, tout comme les Championnats d'Europe et le Championnat de France des Jeunes. Par rapport à d'autres disciplines, nous avons donc eu beaucoup de chance, malgré la quasi absence de concours internationaux. Je pense que pour les Jeunes nous pouvons dire que nous avons eu une belle année. Pour les Seniors, nous sommes un peu dans l'attente de ce qui va se passer avec le report des Jeux Olympiques de Tokyo et avec les conditions de reprise des concours internationaux. Ce fût un coup un peu difficile évidemment, mais nous pouvons toujours trouver du bon dans la situation : notre potentiel est plutôt en développement, nous n'avons pas grand chose à perdre dans ce report qui peut-être aussi une opportunité pour les chevaux les plus jeunes qui ont ainsi davantage de temps pour prendre de la maturité.

Entre une saison de saison 2020 tardive, le report des JO, les Championnats d'Europe de Hagen, comment abordez-vous 2021 ?

Nous allons attaquer 2021 avec optimisme, en anticipant comme si tout allait se dérouler normalement. Nous venons d'ailleurs d'achever un stage Jeunes avec lesquels nous avons fait un point d'étape, évaluation, perspectives de travail et planning. Le format du stage a été un peu différent, avec davantage de travail individuel et évidemment moins de collectif dû aux mesures de distanciation. Les Championnats d'Europe seront très tôt, la consigne sera donc de saisir toute opportunité pour aller en concours. A défaut de compétitions en début d'année, nous remettrons en place un regroupement en février. En ce qui concerne les Seniors, comme à chaque fois qu'il y a une grande échéance internationale, nous prévoyons de réunir les troupes au mois de janvier, à la fois pour faire un point technique mais aussi pour donner les informations liées aux échéances et échanger sur le planning de la saison. Par la force des choses, et en raison du manque de compétitions de référence, une suspension des Groupes 1 et 2 a été annoncée. Des listes de couples vont donc être définies, une première à court terme pour Tokyo et une seconde à plus long terme à potentiel Paris 2024 avec des chevaux plus jeunes, sur sélection du staff fédéral. Pourront y figurer des chevaux de 7 à 10 ans qui n'ont pas encore fait leurs preuves sur le Grand Prix mais à fort potentiel.

Le rôle de Jan Bemelmans est-il sujet à évolution ?

Je pense que nous avons trouvé un bon fonctionnement que nous allons conserver en tant que tel. Jan est sélectionneur, il est un référent technique de très haut niveau auprès duquel on peut trouver un conseil de grande expertise. Pour les cavaliers de haut niveau, qui aujourd'hui ont pour la plupart des entraîneurs privés et des systèmes qui fonctionnent plutôt bien, c'est une ressource supplémentaire, un œil extérieur. Avec le groupe Paris 2024, il sera présent pour les chevaux en devenir, avec un suivi régulier pour les accompagner au mieux vers cette perspective. Jan intervient aussi ponctuellement depuis l'année dernière auprès des catégories jeunes avec Muriel Léonardi. En complément, que ce soit avec les Seniors ou les Jeunes, nous faisons aussi appel à des juges internationaux.

Avec les Jeux Olympiques et les Championnats d'Europe en 2021, peut-on imaginer une équipe A s'envoler pour le Japon et une équipe B prendre la direction de Hagen ?

Aujourd'hui, tous les cas de figures sont envisagés. Si tout va bien ,les chevaux peuvent rentrer de Tokyo le 8 août et être en forme un mois plus tard pour Hagen. Tout dépend de comment ils vivront la situation, le climat, la compétition, le transport. Nous mettrons en place cette année l'accompagnement nécessaire pour les aider à assumer ce déplacement dans les meilleures conditions. L'objectif, quoiqu'il en soit, est d'avoir un maximum de cavaliers et de chevaux prêts pour les 2 échéances .

Quelle place occupent les Championnats du Monde 2022 de Herning au Danemark dans la trajectoire Paris 2024 ?

La France doit encore gagner ses galons à l'international. Notre objectif pour Paris 2024 doit être ambitieux. Les cavaliers et les chevaux doivent donc progresser dans la compétition mais aussi dans le regard et la vision que les juges peuvent avoir sur eux. Les Championnats du Monde 2022, comme toutes les échéances intermédiaires, seront donc une étape importante pour renforcer notre expérience et notre crédibilité dans l'objectif d'obtenir les meilleurs résultats possibles à Paris.


crédit photo : FFE

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