Alfonso de la Chica Parras : l’objectif est bien sûr de monter le Grand Prix

Il fait partie des cavaliers susceptibles de s'inviter sur le podium des Championnats de France des 6 ans la semaine prochaine à Fontainebleau. Cavalier pour le Haras de Malleret depuis 2 ans et demi, Alfonso de la Chica Parras ambitionne cette année de se qualifier pour les prochains Championnats du Monde Jeunes Chevaux. A moins d'une semaine du début de la compétition, l'ex-Champion d'Andalousie regarde loin devant.

Vous deviez participer la semaine prochaine à la Grande Semaine de Fontainebleau avec Dancielle de Malleret. Pouvez-vous revenir sur les conditions de l'accident dont elle était victime il y a quelques jours ?


Ce type d’expérience fait partie de celles qu’on ne souhaite pas réitérer c’est sûr ! Ce chien, sorti de nulle part, s’est jeté sur la jument alors que nous venions de terminer notre séance en carrière. Au début elle n’a pas bougé car elle est habituée aux chiens mais elle a pris peur et s’est défendue quand il a tenté de la mordre. Nous sommes tombés tous les deux à ce moment-là. Dancielle a été rattrapée et rassurée tandis que le chien a été récupéré par son propriétaire. Il semblerait que le chien lui ait échappé alors qu’il était en visite sur la partie viticole du domaine, soit à 300 m environ. La probabilité d'un tel accident était quasiment nulle ! Le plus important est que la jument aille bien. Le vétérinaire est tout de suite intervenu et nous espérons maintenant que cet incident devienne vite un lointain souvenir.

Quels sont vos ambitions avec Fellini de Malleret, Dresscode de Malleret et Zaeta de Malleret que vous présenterez à Fontainebleau ?


Mon objectif à la Grande Semaine de Fontainebleau est évidemment les meilleures performances possibles avec les 3 chevaux. Cette année, il n’y a pas eu beaucoup d’occasions pour sortir les chevaux de façon assez espacée. Dress Code (Dancier*His Highness de 4 ans), n’est sorti qu’une seule fois cette année mais nous avons une excellente connexion tous les 2 et il a un très bon comportement à l’extérieur. Pour Fellini (Furstenlook*Don Pikado), nous espérons faire partie du Top 10, la jument est grandement capable mais il y a une forte concurrence dans les 5 ans. Pour Zaëta (Zonik*Sir Donnerhall), l’objectif est évidemment la qualification pour Verden dans les 6 ans.

Zaeta de Malleret vient de réintégrer votre piquet en raison de la participation de Morgan Barbançon à l'étape Coupe du Monde de Budapest. Comment s'est passé ce retour sous votre selle ?


Son retour est tout récent puisque je l’ai retrouvé jeudi soir. J’en descends tout juste (NDLR : vendredi), je l’ai "stretchée" après son long voyage d’hier. Je trouve qu’en peu de temps chez Morgan elle a gagné en équilibre, en force aussi elle se sert mieux de ses postérieurs déjà très actifs. Mais sinon, nos retrouvailles se sont passées comme si nous nous étions quittés la veille (rires).

Vous êtes en charge des jeunes chevaux du Haras de Malleret depuis maintenant 2ans 1/2? ans. Quel a été votre parcours avant cette date ?


Je fais partie de ces cavaliers pour qui les parents ont beaucoup donné. A l'âge de 3 ans, j’avais mon 1er poney, partagé avec ma sœur Maria. Mon père montait également à cheval et c’est d’ailleurs sur son cheval que je suis monté la toute 1ère fois. Il y avait une écurie proche de chez nous, chez un ami de mon père, un cavalier de dressage très connu en Andalousie, Alvaro Montes. Chez lui j’ai pu monter avec ma sœur beaucoup de chevaux différents, des chevaux déjà bien dressés. Il nous a ainsi motivés à sortir en compétitions. Après mes 1 ères qualifications mon père a décidé de d’arrêter son entreprise de transport afin de monter une écurie pour ses enfants. J’avais 15 ans, ma sœur 13. Il nous a également acheté un cheval allemand chacun. Mon père continuait à nous faire former par les meilleurs cavaliers d’Andalousie dont Isidro Mardonado, Manuel Baena, Rafael Ortiz, Juan Rubio, Juan Pablo Alcaide, José Carlos del Castillo, Manuel Carvajal…Nous avons ainsi débuté les concours de dressage régionaux puis nationaux. En 2010, je suis devenu Champion d’Andalousie niveau Junior, en 2014 j’ai remporté les 6 ans en Andalousie, le travail payait ! De plus en plus d’écuries régionales me confiait des chevaux en valorisation et en compétition (du jeune cheval jusqu’au cheval de Grand Prix) principalement des chevaux ibériques. J’ai également commencé à me déplacer afin de donner quelques cours après mon diplôme d’instructeur. Mais en 2018, j’ai eu envie d’évoluer, de partir de chez moi pour me perfectionner et l’opportunité d’intégrer Malleret s’est présentée. Ma sœur Maria y était déjà depuis 2 ans 1/2 et était ravie d’y travailler. Elle m’a présenté Gérald qui cherchait un second cavalier pour son élevage à l’époque. La première rencontre s’est très bien passée, nous avons de suite eu un très bon feeling. Nous étions sur la même longueur d’ondes. Je me suis reconnu à travers sa philosophie de profond respect et son éthique auprès des chevaux. Ce qui m’a plu est qu’il demande à son personnel de prendre le temps avec les chevaux, ne pas se presser, les attendre. Il ne met aucune pression si un cheval prend plus de temps qu’un autre. Souvent ce temps « perdu » est largement gagné par la suite et les chevaux vous redonnent au centuple. Et bien entendu ce qui m’a également fort motivé à postuler est l’incroyable qualité des chevaux de cet élevage. Je savais qu’avec cette qualité de chevaux, je me perfectionnerai bien davantage que dans une autre écurie. La qualité et le respect, ce sont pour moi les clés de la réussite !

Aspirez-vous à vous orienter progressivement vers des chevaux plus âgés et donc vers le haut niveau ?


J’aime les jeunes chevaux, mais j’aspire évidemment à monter des chevaux plus dressés. L’objectif étant bien sûr de monter le Grand Prix si Gérald m’en donne l’occasion vu qu’il souhaite orienter une grande partie de son élevage vers le plus haut niveau. Ce serait formidable pour moi d’atteindre ce niveau avec des chevaux que j’ai moi-même débourré et formé tout au long de leur vie ! Je pense sincèrement pouvoir faire les 2. Monter des chevaux de Grand Prix permet de donner l’attitude juste aux jeunes chevaux pour le haut niveau. J’ai eu justement l’occasion de monter Whisper, le cheval de Grand Prix de Pauline Guillem la semaine dernière lorsque j’ai passé quelques jours chez elle avant le concours du Mans et je l’en remercie infiniment. C’était fantastique de ressentir ces mouvements à nouveau !

Quels sont les chevaux qui composent votre piquet ?


Actuellement j’ai un piquet de 9 chevaux : 2 chevaux de 3 ans, 4 de 4 ans, 1 de 5 ans et 2 de 6 ans :

  • Zastraia (Zonik / Furstenball) : 3 ans. C’est une future crack indéniablement ! Elle n’est autre que la fille de notre sensationnelle jument Filarmonie actuellement sous la selle de Dorothée. On sent déjà qu’elle sera est une jument d’exception. Toujours partante au travail, elle ne se ménage pas il faut d’ailleurs faire bien attention à l’économiser car elle ne s’arrêterait jamais de travailler. Elle a des postérieurs incroyables.

  • Dancelot (Danciano / Sir Donnerhall) : 3 ans. Il est débourré depuis ce printemps. C’est un grand tardif, un cheval hors norme, très volontaire au travail, super tête, il dégage quelque chose de spécial. Il a toutes les qualités pour devenir un futur étalon.

  • Dress Code (Dancier/His Highness) : 4 ans. C’est un cheval profondément gentil et généreux avec de bons postérieurs. Il fait partie de ces chevaux à attendre car il a la tête et le physique pour atteindre le haut niveau.

  • First Lord (Flinstone / Furstenball) : 4 ans. Il est débourré depuis peu. C’est un cheval très gentil, très beau modèle, il fait confiance à son cavalier, grand tardif également, il faut prendre du temps avec lui car ce sera productif pour l’avenir, il a lui aussi toutes les qualités pour devenir un futur étalon.

  • First Lady (Flinstone / Sir Donnerhall) : 4 ans. C’est une petite princesse, tardive elle a été débourrée juste avant le confinement. Elle a beaucoup de force et de très bons postérieurs, du sang comme nous en avons besoin pour le sport. Elle est compacte, une conformation idéale pour le rassembler.

  • De Sica (De Niro / Sir Donnerhall) : 4 ans. C’est un très bon cheval. Il a grandi très vite après sa castration en début d’année, il n’était pas assez concentré au travail du à ses hormones. Il a beaucoup changé depuis et se révèle petit à petit. Il fait partie de ces chevaux à attendre que l’on prépare dans l’ombre pour mieux les dévoiler .

  • Fellini (Furstenlook / Don Pikado) : 5 ans. C’est la 1ère jument que j’ai débourrée à Malleret, mon 1er coup de cœur aussi. Elle a un caractère très attachant, c’est un très beau modèle avec 3 belles allures, elle évolue de jour en jour.

  • Dancielle (Danciano / Florencio) : 6 ans. C’est une top jument pour le haut niveau, très bon caractère, supers postérieurs, je l’ai récupéré en Juin après avoir passé quelques mois chez Dorothée, Gérald souhaitait lui confier une autre jument mais elle n’avait plus de place dans ses écuries. Ce n’était pas prévu qu’elle sorte cette année car nous pensions la préparer en coulisses pour la sortir dans quelques années. Mais la jument était dans une belle progression et Gérald m’avait donné cet objectif de championnats de France.

  • Zaëta (Zonik / Sir Donnerhall) : 6 ans. C’est une jument hors du commun, un petit modèle mais avec beaucoup d’énergie, de la force qu’il faut habillement utiliser. Elle a besoin d’être en totale confiance avec son cavalier. C’est une jument faite pour le haut niveau. Je suis ravi d’avoir la chance de la présenter à Fontainebleau !

Quelles différences observez-vous entre le circuit des jeunes chevaux en France et en Espagne ?


Je ne trouve pas beaucoup de différences finalement hormis la qualité de chevaux qui me semble meilleure en France mais on commence également à voir de plus en plus de chevaux performants en Espagne. Il y a d’ailleurs un beau représentant de notre étalon Danciano en Espagne : Donana TR monté par Juan Manuel Ponce qui est Champion d’Espagne des 4 et 5 ans. Grâce à une grande sélection génétique des chevaux ibériques, ils sont de plus en plus à l’image des chevaux germaniques. Je ressens aussi un engouement de réels investisseurs espagnols qui recherchent des chevaux performants dans la discipline, peu importe le stud-book.


crédit photo : les Garennes

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