Alexandre Ayache : c'était pas mon idée [...]mais ça pourrait apporter un peu d'aide


Il porte presque le même nom que la tempête qui a dévasté les Alpes-Maritimes en octobre et partage avec elle un côté indomptable : Alexandre Ayache, vice Champion de France l'année derrière, se bat aujourd'hui à Lantosque pour reconstruire son écurie et tenter de participer aux Jeux Olympiques de Tokyo.


Réserviste aux JO de Rio, qualifié pour ceux de Tokyo, sa participation est hypothéquée, non seulement par l'incertitude sanitaire liée à la Covid 19, mais aussi par les sommes importantes déboursées pour renflouer ses installations détruites par le vent et le déluge d'eau de la tempête Alex, dont le passage faisait 10 morts et 8 disparus le 2 octobre.


Une cagnotte en ligne a été lancée par des connaissances pour financer sa saison de concours, passage obligé espérer foulée la piste tokyoïte : "C'était pas mon idée à moi, j'ai du mal à demander de l'argent, toute la vallée est dans une situation merdique (...) mais ça pourrait apporter un peu d'aide", dit-il.


Installé à Lantosque depuis vingt ans, Alexandre et son épouse Grete Püvi, cavalière estonienne bien connue, vivent principalement de la vente de chevaux. Avec la Covid-19, le confinement et l'absence de concours, leur chiffre d'affaires a baissé de 25 à 30%. La tempête a été un coup de massue supplémentaire.


"L'argent de l'assurance est parti dans la reconstruction, mais ils n'ont pas tout remboursé", calcule Alexandre. Il a dû compléter de sa poche, remiser les élégantes bottes et le pantalon d'équitation pour ressortir la truelle et mettre les mains dans le ciment.


Le soir des intempéries, une de ses écuries, bâtie au croisement de deux vallons normalement totalement à sec, a basculé dans un ravin. Le vent a emporté la toiture, l'eau failli noyer un employé. Vingt ans d'investissement envolés.


"A midi, on s'est demandé si les autorités n'avaient pas exagéré, on était en alerte rouge pour quatre gouttes. Par contre les chevaux étaient hystériques, ça tapait, ça criait, ça tournait. A 15h00, on a commencé à voir que ça tombait vraiment et de 17h00 à minuit, ça a été l'apocalypse, vous ne pouvez même pas imaginer. Le bruit des arbres qui craquent, l'eau qui emmène tout, le vallon a été creusé de 2,50 mètres par 4 mètres (...) Surréaliste!", décrit-il. Il lui a fallu sauver les chevaux: "On craignait le vent, les tôles qui s'envolaient. Même dans les camions, on ne savait pas s'ils étaient à l’abri".


Quatre mois plus tard, des murs neufs sont déjà debout, couleur gris parpaing, les finitions attendront. Mais le sous-sol de sa propriété continue de travailler et la facture des dégâts, déjà 630.000 euros, ne cesse de s'allonger: "On a les écuries du bas qui risquent de bouger. La dalle a cassé et tout est en train de partir. Concrètement, il faut raser, terrasser et reconstruire".


A Lantosque, 1.400 habitants, le cœur du village a été épargné grâce à une protection hydraulique bâtie après de graves inondations déjà en 1993. Une vingtaine de foyers ont été évacués, deux maisons englouties, deux stations d'épuration détruites.


"Je ne suis pas le plus à plaindre. Des gens ont perdu la vie (pas à Lantosque, ndlr), il ne faut pas l'oublier",. Le maire Jean Thaon, 75 ans, qui salue sa réussite, croise les doigts pour Tokyo: "C'est le travail d'une vie qui a basculé mais je suis persuadé que tout va s'arranger. C'est une vraie leçon de courage"


source : AFP / crédit photo : AFP Valérie Hache

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