Alexandre Ayache : c'est presque comique d'avoir trop de chevaux de Grand Prix


2 èmes du Grand Prix et 2 fois vainqueurs du Grand Prix Spécial des CDI de Mariakalnok et Lipica, Alexandre Ayache et Zo What cumulent depuis le début de la saison une jolie moisson de classements et de victoires. Après 3 concours en Europe de l'Est et juste avant son départ pour la République Tchèque, entre satisfactions et incompréhension le sudiste fait le point avec Dressprod.

Quel bilan tirez-vous de votre début de saison ?

Pour moi, le bilan est plus que positif. Zo What commence a être très régulier. Nous sommes à 6 reprises sans fautes. C'est un cheval très expressif mais pour le moment je cherche surtout à ce qu'il me fasse confiance, à ce qu'il déroule sans pression, quitte à sacrifier un peu le brillant dans le piaffer et le passage. Il nous en reste donc encore sous le pied.

Pourquoi avoir choisi de prendre la direction de concours en Europe de l'Est, alors que la France accueillait les CDI de Saumur et Compiègne ?

Pour une raison très simple : j'ai 4 chevaux de Grand Prix dans mon piquet : Samira, Domino, Zo What et un autre qui n'est pas encore sorti. Pour Compiègne, comme je ne suis pas membre du Groupe 1 de la Fédération, je ne pouvais pas participer à la Coupe des Nations. Le programme indiquait qu'un seul cheval par cavalier était accepté sur le 3*. C'était aussi le cas pour Saumur. D'autres français ont réussi à emmener un second cheval, moi, je n'ai pas fait la demande. L'autre raison c'est aussi que, lorsque je vais en concours international, j'aime qu'il soit … international. C'est ma vision des choses, j'ai envie de voir comment je suis jugé à l'étranger. Il fallait aussi que je trouve des concours qui permettent à ma femme de sortir ses 2 chevaux. Je regrette donc de ne pas pouvoir engager un cheval dans la Coupe du Monde car j'aurais pu emmener Samira en plus, c'est donc un peu frustrant, presque comique d'avoir trop de chevaux de Grand Prix. J'ai aussi El Rey que j'ai un peu freiné pour cette raison.

Le CDI de Lipica a pourtant été source de déception dans les 5 ans.

Nous avons rencontré un vrai problème avec Jarville, mon 5 ans. C'est un étalon, il a beaucoup d'énergie et effectivement, davantage de décontraction aurait été souhaitable sur notre reprise. Nous avons obtenu une note de 64 % que nous ne comprenons pas. Nous avons présenté la vidéo de notre reprise à plusieurs juges, y compris 5*, à des cavaliers et marchands spécialistes des jeunes chevaux, qui estiment que le cheval mérite entre 75 et 80 %. Personne ne comprend cette note. J'ai le sentiment que le jury est sorti du principe du jugement des jeunes chevaux. Le protocole ne fait pas du tout référence au potentiel du cheval, seulement à la qualité de ma présentation, jugée mauvaise et insuffisante. Je peux l'entendre, ce n'est pas ma spécialité. J'ai cependant décidé de porter réclamation car à mon sens le potentiel du cheval n'a pas été jugé. Le jury s'est donc réuni pendant près de 2h et a confirmé le jugement en question. Ma réclamation a tout simplement été classée. Je n'ai donc pas eu les explications que j'aurais voulues. Aujourd'hui nous sommes dans l'incompréhension.Le cavalier doit rendre compte à ses propriétaires, à ses clients, aux juges, aux stewards, mais il ne peut obtenir aucune explication quand quelque chose ne va pas. Il me semble donc important et nécessaire que les cavaliers ne soient pas les seuls à devoir rendre des comptes. Je fais donc partie de ceux qui aimeraient davantage de contrôle sur les juges et qu'une instance puisse exercer ce contrôle, avec, par exemple, quelques très bons juges qui puissent revoir les vidéos en cas de litiges et gérer ce genre de problèmes. Les épreuves jeunes chevaux sont là pour évaluer la qualité d'un cheval. Je suis bien certain que Jarville a le potentiel du Grand Prix. Ce type de notation me pose un vrai problème car le cheval est aussi un reproducteur. Je vais donc publier la vidéo sur mes réseaux sociaux pour que chacun se fasse son avis. En l'absence de plus d'explications nous n'avons pas pris le départ de la reprise finale et nous avons l'intention de saisir la FEI.

Comment envisagez-vous la suite de votre saison ?

Nous allons aller à Brno, sur le CDI 3*. Je vais emmener deux chevaux mais je ne sais pas encore lesquels. Ensuite nous verrons. Nous avons été invités à Wiesbaden mais comme il s'agit d'un CDI 4* les règles fédérales ne nous permettent pas d'y participer. Peut-être irons-nous à Deauville. Je ne sais pas non plus si nous participerons aux Championnats de France. Je souhaite avant tout aller en concours avec des chevaux sur lesquels on peut compter et qui soient fiables. Les Championnats d'Europe de Rotterdam ne sont donc pas à proprement parler un objectif, je ne vais pas choisir la facilité pour tenter d'y aller. Si j'y suis c'est que mon cheval aura prouvé, à l'étranger, qu'il est capable de réaliser des performances susceptibles d'aider l'équipe. Je pense que les cavaliers français n'ont rien à envier aux autres, il faut se décomplexer. Nous avons de bons chevaux et nous commençons à savoir les présenter puisque les acheteurs viennent désormais jusqu'en France. A plus long terme, notre objectif reste les JO de Paris et d'avoir 4/5 chevaux à plus de 72/73 %. Si on veut être fiables dans 5 ans, il faut aussi que les juges aient l'habitude de vous voir à ces points-là. C'est un tout.

crédit photo : DR

#AlexandreAyache #ZoWhat

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