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EXCLUSIF. Emmanuelle Schramm : nous devrons avoir 4 cavaliers à 71% pour aller à Rotterdam


Après avoir publié mi-janvier son projet 2019/2024, la Fédération Française d’Équitation révélait vendredi dernier la composition des groupes 1 et 2. De l'absence de certaines couples, aux nouveautés 2019, en passant par le rôle de Jan Bemelmans, les Championnats d'Europe de Rotterdam ou le mécénat, Emmanuelle Schramm, la Directrice Technique Nationale en charge du dressage, fait le point avec Dressprod.

Vendredi dernier, les groupes 1 et 2 étaient publiés. Pouvez-vous nous expliquer l'absence de certains couples ?

Les groupes sont constitués de façon factuelle, sur les performances. Si on les étudie, c'est très facile de savoir quels couples sont dans le groupe 1 ou le groupe 2. Ne pas avoir de performances depuis 6 mois impacte donc la présence ou non dans les groupes en question. Quelques cavaliers manquent donc à l'appel, mais ils rentreront vraisemblablement dans les groupes dès que la saison reprendra. C'est complètement informatisé, donc tout est très clair et chaque semaine, les groupes sont actualisés et susceptibles d'évoluer. L'appartenance à un groupe ou à l'autre peut donc être fluctuante, en fonction des résultats. Les CDI du Mans et de Nice feront probablement évoluer la constitution du groupe 1 comme du groupe 2.

Jusqu'au 31 décembre dernier, Jan Bemelmans était identifié comme entraîneur, il apparaît aujourd'hui comme sélectionneur dans l'organigramme fédéral. Pouvez-vous nous expliquer l'évolution de son rôle ?

Jan Bemelmans reste notre référant technique. Pour moi, les termes « entraîneur » et « sélectionneur » ne sont pas très éloignés dans sa mission, d'autant que l'année dernière il était aussi sélectionneur. Jan Bemelmans a voulu exprimer qu'il n'est pas l'entraîneur de chaque cavalier. Depuis qu'il est en charge du dressage tricolore, il souhaite que chaque cavalier ait un entraîneur auprès de lui le plus souvent possible : un travail qu'il ne peut faire avec tout le monde. Quand on voit les cavaliers quelque fois par an en stage, on ne peut pas véritablement dire qu'on les entraîne : il a donc action d'évaluation et de conseils. L'intitulé a certes évolué mais dans les faits, son rôle ne change pas vraiment. Jan sera présent sur principales compétitions de références d’ici au championnat d’Europe.

Quel bilan tirez-vous du premier regroupement fédéral organisé au Mans la semaine dernière, et quels sont les objectifs visés par la sollicitation de nouveaux intervenants extérieurs ?

Un des objectifs était de présenter ce nouveau projet. Nous avons estimé qu'il était nécessaire de se retrouver pour en parler même si les cavaliers avaient été conviés aux réunions de concertation. Depuis 6 ans, nous faisons toujours un stage en janvier pour mettre au point les objectifs de l'année. Je tire de ce premier stage un bilan très positif, nous avons pu échanger avec les cavaliers et je pense que la transparence qui avait été demandée est un objectif atteint, notamment avec l'établissement de la performance comme référence. Je pense que nous avons une bonne adhésion des cavaliers et beaucoup de motivation. Jan Bemelmans, Sophie Dubourg, le vétérinaire fédéral, les cavaliers et moi-même étions tous présents. Nous avons pris le temps de voir les chevaux et ensuite, nous avons souhaité faire un point d'évaluation avec un intervenant extérieur, ce qui avait été également demandé lors des réunions de concertation. Nous avons la chance d'avoir 4 juges 5* en France. Nous avons donc fait appel à Isabelle Judet qui a accepté très gentiment. Les cavaliers ont déroulé un Grand Prix, suivi d'un débriefing d'Isabelle et de Jan. Chaque cavalier est reparti avec une fiche « bilan technique/objectifs de performance » liée au projet sportif.

Les minimas demandés pour espérer participer aux Championnats d'Europe de Rotterdam ont été relevés : au moins une fois 71 % en CDI 4*, 5* ou Coupe des Nations. Quels sont aujourd'hui les moyens mis en œuvre par la FFE pour tendre vers cet objectif ?

Nous sommes dans un principe de cycles. L'action fédérale a longtemps été axée sur la formation, avec beaucoup de moyens investis, beaucoup de stages très ouverts sur la détection notamment, ce qui a permis de révéler de nombreux couples et d’en accompagner d’autres… Nous sommes maintenant dans une seconde phase, à mon sens logique, avec des objectifs que nous estimons réalistes pour exister au niveau international. Nous sommes un sport olympique, l'objectif d'une Fédération comme la nôtre, c'est donc d'être présent aux JO. Si on veut figurer honorablement, ça se prépare, et c'est ce que nous faisons. Nous devons donc donner une échelle réaliste par rapport au niveau qui est actuellement le nôtre.

Si les minimas ne sont pas atteints pas 4 cavaliers, la France sera-t-elle tout de même représentée aux Championnats d'Europe par des individuels ?

Nous devrons avoir 4 cavaliers à 71 %. 3 cavaliers permettent déjà de constituer une équipe. Nous avons conçu un objectif qui a vocation a être réaliste, ce n'est pas un rêve. A quoi servirait d'aller à Rotterdam si ce n'est pas pour espérer se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo ? L'expérience s’acquiert sur les concours internationaux, les Coupes des Nations, mais pas sur les grandes échéances car il est possible mais assez rare d'y réaliser une meilleure performance que d'habitude. En tous cas, l'ambition est de se qualifier pour les JO et aujourd'hui nous estimons cette qualification à plus de 70 %. Il faut que nous soyons à Tokyo aussi pour préparer Paris.

Quel sera est le programme de compétitions balisées par la FFE d'ici Rotterdam ?

C'est un sujet donc nous avons beaucoup parlé. Nous avons souhaité laisser plus de liberté aux cavaliers sur ce point car il y a déjà un cadre assez serré pour l'obtention des minimas. Nous avons en France des propositions de concours de bon niveau. On ne demande pas forcément aux cavaliers d'aller plus loin car ces compétitions valent largement les CDI 3* qu'on trouve ici ou là en Europe en ce moment. Aujourd'hui, nous avons les CDI du Mans et Nice, les Grands Nationaux du Mans et de Jardy, le CDI de Saumur, soit 5 opportunités d'obtenir le sésame pour le Groupe 1 d’ici au mois de mai. Si les cavaliers veulent aller à l'étranger ils le peuvent aussi. Enfin, pour les couples qui accéderont au Groupe 1, quelques concours ont aussi été identifiés, un peu les mêmes que les années passées, comme les CDI 4* de Hagen, Wiesbaden ou Fritzens et les Coupes des Nations mais celles-ci ne concernent que 4 cavaliers à chaque fois.

Quelles sont vos attentes sur le CDI du Mans de cette semaine ?

Mon attente est bien entendu qu'un maximum de cavaliers passent la barre des 70 % en mesurant tout de même que c’est un concours de rentrée. Il y a certain nombre de cavaliers engagés. Tout le monde a bien compris qu'il ne fallait pas perdre de temps pour obtenir les minimas demandés. Nous avons aussi beaucoup de jeunes qui sont attendus.

Quelles sont les changements 2019 chez les poneys, children, juniors, jeunes cavaliers et U25 ?

Le changement le plus important est que nous ne faisons plus appel à Ralph Rash comme c'était encore le cas l'année dernière. Nous avons fait un effort important sur la formation pendant quelques années. Nous partons maintenant sur un principe un peu différent et Muriel Leonardi est désormais entièrement en charge des poneys, children, juniors, et jeunes cavaliers. Le stage habituel de février a été supprimé pour donner plus de place à la compétition et qu'aucun choix entre stage et compétition ne doive être fait. Nous reprendrons les stages à la rentrée, en octobre avec des détections au nord et au sud de la France. Ensuite, un regroupement en décembre avec les couples pressentis pour le niveau international sera organisé. Pour ces stages nous ferons de l'évaluation et quand il y aura beaucoup de couples, Florence Lenzini viendra en soutien, comme en décembre dernier et comme nous le ferons probablement à Saumur. Pour les U25, nous avons cette année la chance d'avoir un peu plus de cavaliers dans cette catégorie d'âge. Un premier stage est programmé les 19 et 20 mars où nous regrouperons avec Jan Bemelmans les cavaliers ayant le projet de participer à ce circuit.

Nous avons assisté aux ventes successives d'Hermès de Hus (voir ICI), Addict de Massa (voir ICI), Badinda Altena (voir ICI). Considérez-vous le dressage français comme affaibli ?

La vente fait partie de la vie du cavalier de haut niveau. Il y a un contexte économique que nous connaissons et dont nous tenons compte. Aujourd'hui, des chevaux nés, élevés et dressés en France sont vendus et c'est bien, c'est aussi valorisant pour la France. Pour Badinda Altena c'est effectivement un regret de ne plus avoir un cheval de ce niveau dans l'équipe de France. C'est une réalité économique du sport équestre mais c'est aussi une satisfaction de voir les compétences françaises mises en valeur.

La défiscalisation, le mécénat, sont des pistes évoquées par un certain nombre de cavaliers pour développer le soutien aux sports équestres. La constitution d'un service fédéral dédié ne pourrait pas être une piste à explorer ?

L'année dernière à l’occasion de la Finale Coupe du Monde à Bercy, nous avons présenté un projet de fondation. Nous avons bien conscience que c'est difficile et que la fiscalité française n'aide pas forcément les propriétaires à investir dans les sports équestres. Avec Paris 2024, nous avons un bel objectif, il faut que nous soyons capables de nous en servir. Nous travaillons donc sur cette idée. Sur le plan de la communication, nous essayons aussi, grâce à nos circuits, de donner aux cavaliers des outils et des supports de communication. Le dressage n'est pas toujours une discipline bien connue et facile à médiatiser.

crédit photo : FFE


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